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La vérité sur l'Irak, trois ans plus tard

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un rapport du Sénat sur le déclenchement de la guerre contre l'Irak révèle que ce pays n'entretenait pas de relations avec Al-Qaïda et ne disposait pas d'armes de destruction massive.

Aux États-Unis, un rapport très attendu de la Commission du renseignement du Sénat sur le déclenchement de la guerre contre l'Irak révèle que ce pays n'entretenait pas de relations avec le réseau terroriste Al-Qaïda.

Le rapport, rendu public vendredi après avoir été classé secret, souligne que le président irakien déchu, Saddam Hussein, se méfiait non seulement de ce réseau, mais aussi de la mouvance islamiste en général.

« Saddam Hussein n'avait pas confiance en Al-Qaïda et considérait les extrémistes islamiques comme des menaces contre son régime, refusant toutes les demandes d'Al-Qaïda pour une aide matérielle ou opérationnelle », soutient la Commission, qui cite un rapport de la CIA, datant d'octobre 2005.

Elle ajoute que l'ex-président irakien avait même tenté de localiser et capturer Abou Moussab Al-Zarqaoui, feu dirigeant d'Al-Qaïda en Irak, en 2002.

Le rapport nie aussi les affirmations sur le danger que représentait le régime irakien, notamment tout ce qui concerne les supposés programme nucléaire actif et les laboratoires mobiles pour la fabrication d'armes biologiques.

La Commission du renseignement a par ailleurs publié un autre rapport dénonçant le fait que le gouvernement ait exploité les « fausses informations » fournies par le Congrès national irakien (CNI), un groupe d'exilés anti-Saddam dirigé par Ahmed Chalabi.

Le document souligne que Washington a continué à financer le groupe en 2002 alors que « l'agence du renseignement militaire - DIA - avertissait que le CNI était infiltré par des services de renseignement hostiles et utiliserait cette relation pour promouvoir ses propres objectifs ».

À plusieurs reprises, l'administration du président George W. Bush a affirmé que le régime de Saddam Hussein entretenait des relations avec le réseau Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001, pour justifier son projet de faire la guerre contre l'Irak.

Le 21 août dernier, George W. Bush a encore affirmé que Saddam avait entretenu des liens avec Zarqaoui et évoqué la capacité du régime irakien de fabriquer des armes de destruction massive.

La majorité républicaine cherche à contrer l'impopularité de la guerre en Irak en faisant de sa présence militaire dans ce pays le « front central de la guerre contre le terrorisme ».

Les démocrates fourbissent les armes

Le document du Sénat vient donner à l'opposition démocrate de nouvelles munitions contre l'administration Bush à l'approche des élections de mi-mandat, prévues en novembre. Il a d'ailleurs été décrit par les démocrates comme une « mise en accusation » du gouvernement.

« Les responsables de l'administration ont sélectionné, exagéré ou passé sous silence du renseignement pour justifier la décision qu'ils avaient déjà prise d'entrer en guerre contre l'Irak », a lancé le sénateur démocrate John Rockefeller, numéro deux de la Commission.

M. Rockefeller a en outre souligné que les allégations réitérées du gouvernement visaient à « exploiter le profond sentiment d'insécurité de la population américaine juste après les attentats du 11 septembre ».

Le président républicain de la Commission a pour sa part tenté de minimiser l'impact du rapport et accusé les démocrates de se livrer à certaines distorsions des faits. Pat Roberts a affirmé que le document contenait « peu de nouveautés » sur les capacités du régime de Saddam Hussein en termes d'armes de destruction massive.

« OK, on va laisser les gens discutailler sur ce qui s'est passé il y a trois ans, mais l'important c'est de savoir ce qu'on va faire demain, et après-demain, et le mois prochain, et l'année prochaine, pour s'assurer qu'on gagne cette guerre contre le terrorisme », s'est contenté de dire le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow.

Des différends politiques au sein de la Commission du renseignement retardent la publication de deux autres rapports très attendus. L'un porte sur d'éventuelles contradictions volontaires entre les analyses du renseignement et les déclarations officielles antérieures à la guerre, tandis que l'autre traite des agissements d'une cellule antiterroriste dirigée par l'ancien sous-secrétaire à la Défense Douglas Feith.

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