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Radio-Canada

Voilà maintenant cinq ans que le terrorisme s'est brusquement placé au centre de l'actualité, que cette réalité que l'on croyait confinée à certaines parties éloignées du monde nous a rejoints dans notre quotidien.

Avant ce réveil brutal du 11 septembre 2001, le terrorisme était d'abord et avant tout, pour la plupart des Canadiens, un phénomène politique exotique. Un phénomène à ranger sous la même enseigne que les famines, sécheresses et autres guerres civiles qui ne s'approchent des Canadiens que par le truchement du Téléjournal...

Depuis lors, les Canadiens ont assisté au changement radical de l'environnement sécuritaire. Du jour au lendemain, la population canadienne s'est mise à croire qu'elle pouvait elle aussi être ciblée par la fureur terroriste. Elle s'est rendu compte, surtout, qu'être Canadien ne veut pas nécessairement dire être apprécié partout dans le monde et que, pour des milliers de gens, être Canadien, c'est d'abord et avant tout être Occidental. Avec tout ce que ça implique.

Cependant, une fois la poussière retombée, une fois la stupeur du choc initial passée, quelques voix se sont élevées pour s'interroger sur ce nouveau climat qui n'a peut-être rien à voir, comme le suggère le titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques, Charles-Philippe David, avec une réalité dans laquelle la menace terroriste ne serait pas véritablement plus importante aujourd'hui que par le passé.

Est-ce que le simple fait que New York se trouve à quelques heures de route de la frontière canadienne fait vraiment du Canada une cible?

Et si l'environnement terroriste canadien n'avait pas changé tant que ça depuis le 11 septembre 2001? Et si c'était surtout l'environnement sécuritaire qui avait connu les plus grands bouleversements?

En effet, malgré des menaces, malgré l'envoi de troupes canadiennes en Afghanistan, malgré les similitudes idéologiques entre le gouvernement Harper et le gouvernement Bush, malgré tout ce qui, selon plusieurs experts, faisait de nous des cibles de choix, le Canada n'a pas, jusqu'ici, été directement frappé par le terrorisme islamiste.

Bien entendu, pour certains, ce sont les milliards de dollars investis dans la « course à l'antiterrorisme » qui ont porté fruit. Ce sont les mesures de sécurité accrues dans les aéroports, aux frontières, dans les grands édifices, se sont tous ces détecteurs et caméras qui se sont avérés, finalement, efficaces.

Pour d'autres cependant, l'absence d'attentats sur le sol canadien peut tout aussi bien vouloir dire que la menace réelle a été, somme toute, infime.

Il y a bien eu quelques arrestations, comme celles des auteurs d'un présumé complot terroriste, l'été dernier dans la région de Toronto, qui fut présenté par le gouvernement Harper comme LA preuve que le Canada est une cible du terrorisme international.

Toutefois, force nous est d'admettre que si les Canadiens ont été épargnés jusqu'ici par la fureur terroriste, c'est une certaine idée de l'Occident et de la démocratie à la canadienne qui, depuis cinq ans, risque d'être la plus grande victime, la plus grande perdante de l'après-11 septembre.