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Les autorités dépassées par la marée noire

Radio-Canada

En plus des ravages de la guerre, le déversement de 15 000 tonnes de mazout qui polluent les côtes libanaises depuis les raids israéliens sur des réservoirs de pétrole affecte l'environnement et l'industrie touristique du pays.

Les 34 jours d'offensive israélienne contre le Liban n'ont pas eu que des conséquences pour la population libanaise. L'environnement et l'industrie touristique du pays ont aussi subi les contrecoups de cette guerre.

Environ 15 000 tonnes de mazout souillent les côtes libanaises depuis la mi-juillet. L'armée israélienne avait alors bombardé des réservoirs de pétrole de la centrale électrique de Jiyé, situés au bord de la Méditerranée, au sud de Beyrouth. L'incendie avait duré des semaines.

La marée noire a depuis migré vers le nord sur plus de 150 kilomètres, touchant 30 sites de la cote libanaise, dont le port historique de Byblos, vieux de plus de 7000 ans. La région comptait les plus belles plages du Liban. Au cours de la dernière semaine, les autorités ont pu retirer 240 tonnes de mazout du port.

Le ministre libanais de l'Environnement, Yacoub Sarraf, soutient que le scandale est ailleurs. Selon lui, le drame est que six semaines après le déversement, les pouvoirs publics ne sont pas en mesure de diagnostiquer l'ampleur de la catastrophe.

En effet, en raison du blocus naval et aérien imposé par Israël et qui est toujours en vigueur, les autorités libanaises n'ont toujours pas pu survoler les côtes par hélicoptère ou patrouiller les eaux territoriales avec des navires océanographiques pour localiser et mesurer les nappes de pétrole.

De plus, le Liban ne dispose pas d'équipement pour récupérer le pétrole, ni en surface et ni dans les fonds marins.

« Nous n'avons ni l'équipement, ni les entreprises, ni le savoir-faire pour gérer un drame écologique qui est non seulement à l'échelle du Liban, mais à l'échelle de la Méditerranée tout entière, voire à l'échelle du monde », regrette Yacoub Sarraf. Les experts craignent en effet que la marée noire puisse toucher d'autres pays de la région.

La Méditerranée étant une mer fermée, son écosystème est plus fragile que celui des océans. Il y a déjà eu des déversements pétroliers dans le passé, mais cette fois le délai d'attente avant de commencer le nettoyage n'aurait jamais été aussi long.

Répercussions sur la pêche et le tourisme

Certains pêcheurs ne semblent pas trop s'inquiéter de la contamination par le mazout. « C'est pas nocif pour les poissons, parce que [le pétrole] flotte à la surface », dit Khalil Kamel.

Or, justement, plus d'un mois après son déversement, le mazout a commencé à se déposer sur les fonds marins. Malgré le blocus maritime, Greenpeace a pris des images sous-marines.

« C'était un risque pour notre équipe de faire ça, mais on savait que c'était très nécessaire de le faire parce qu'on savait qu'il y a des quantités d'huile qui se sont échappées, on ne sait pas où c'était », soutient Zeina El Hajj, de la section libanaise de Greenpeace.

L'industrie touristique du pays est aussi touchée par la marée. Le Liban s'attendait cette année à une saison touristique record, avec plus de 1,6 million de touristes qui auraient dépensé des milliards de dollars.

Certains restaurateurs n'ont pas eu un seul client depuis plus d'un mois. Le tourisme représente 12 % du produit intérieur brut libanais et emploie quelque 500 000 personnes.

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