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La trêve mise à mal

Radio-Canada

L'ONU s'inquiète devant l'attaque israélienne menée dans la Bekaa, estimant que si elle s'avérait, il s'agirait d'une violation claire et nette du cessez-le-feu en vigueur depuis lundi.

L'émissaire du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, Terje Roed-Larsen, a estimé samedi que si le raid israélien mené au Liban était avéré, il s'agirait d'une violation claire et nette du cessez-le-feu en vigueur depuis lundi dernier entre la milice du Hezbollah et Israël.

« Nous n'avons pas de moyens indépendants de vérifier [...] ce qui s'est passé. Mais si ce qui a été rapporté est correct, il s'agit bien sûr d'une violation claire du cessez-le-feu », a-t-il déclaré à la télévision libanaise LBCI.

Plus tôt, le ministre libanais de la Défense, Elias Murr, avait menacé d'arrêter le déploiement de l'armée dans le sud du pays si les Nations unies ne prennent pas position sur le raid israélien mené dans la vallée de la Bekaa. « Nous n'avons pas envoyé les troupes pour qu'elles tombent dans les pièges tendus par Israël », a-t-il affirmé.

Le premier ministre, Fouad Siniora, avait aussi promis de se plaindre aux responsables de l'ONU de ce qu'il a qualifié de « flagrante violation du cessez-le-feu ».

L'opération israélienne a été critiquée à l'intérieur même de l'État hébreu. « Je n'arrive pas à comprendre qu'Israël lance une telle opération après avoir accepté un cessez-le-feu », a affirmé le chef du parti d'opposition de gauche Meretz, Yossi Beilin.

Rappel des faits

Samedi à l'aube, un commando aéroporté israélien, appuyé par des bombardements, a attaqué un bastion du Hezbollah pour la première fois depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

De son côté, l'État hébreu affirme que c'est l'organisation chiite qui a violé la trêve, en recevant un chargement d'armes en provenance de l'Iran et de la Syrie. Son état-major dit avoir agi pour tenter d'empêcher les transferts d'armes. Le porte-parole de la diplomatie, Mark Regev, avertit que ce genre d'incursions pourrait continuer tant que la frontière syrienne ne sera pas sous contrôle de l'armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

Le Hezbollah soupçonne plutôt les Israéliens d'avoir voulu capturer son trésorier national, cheikh Mohammad Yazbeck, ce qui expliquerait, selon l'organisation, la tenue d'une opération de commando.

La police libanaise a rapporté que des hélicoptères et des drones ont survolé à basse altitude le secteur de Yammouné, une région inhabitée au nord-est de Baalbeck, et tiré à quatre reprises sur des objectifs non identifiés. Selon la même source, la défense aérienne libanaise a tiré en direction des appareils, qui n'ont pas répliqué.

Un soldat israélien a été tué et deux autres ont été blessés au cours de l'opération. De son côté, le Hezbollah a perdu trois combattants.

La vallée de la Bekaa a été durement frappée au cours des 34 jours d'offensive israélienne, qui a pris fin lundi.

Le déploiement de l'armée libanaise progresse

« Nous avons besoin d'une période de 3 à 4 mois entre le déploiement de l'armée, l'arrivée des forces internationales de l'ONU et l'arrivée d'armes sophistiquées afin de créer une zone totalement sûre pour la population, et être en mesure de défendre le Liban-Sud », a précisé samedi le ministre libanais de la Défense.

Des soldats libanais ont pris position, vendredi, dans le nord du pays, à la frontière avec la Syrie, pour empêcher que le Hezbollah fasse entrer des armes de contrebande. Cette mesure répond à une des grandes préoccupations de l'ONU et d'Israël.

Parallèlement, l'armée libanaise continue sa progression dans le sud du pays, après une absence de près de 40 ans.

Les soldats libanais ont pris le contrôle de plusieurs villages, notamment aux abords des fermes de Chebaa, aux confins des frontières syrienne et israélienne et l'un des principaux points de litige à l'origine des affrontements entre Israël et le Hezbollah.

Environ 4500 soldats libanais ont franchi le fleuve Litani depuis jeudi, en attendant les renforts internationaux que l'ONU peine à rassembler pour renforcer la FINUL au Liban-Sud.

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