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Les pays riches montrés du doigt

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans son discours de clôture, l'envoyé spécial de l'ONU pour le sida en Afrique, Stephen Lewis, accuse les pays du G8 de « trahir le sud » en ne tenant pas leurs promesses de financement.

La 16e Conférence internationale sur le sida a pris fin vendredi après-midi à Toronto. L'envoyé spécial de l'ONU pour le sida en Afrique, le Canadien Stephen Lewis, a été chargé du discours de clôture de l'événement.

Dans son allocution, M. Lewis a accusé les pays riches du G8 de « trahir le sud » en ne tenant pas leurs promesses de financement annoncées lors du sommet en Écosse, il y a un an. « Personne ne demande davantage que ce qui a été promis », a-t-il dit sous les acclamations de la foule.

Il a rappelé que le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme est compromis faute d'argent.

L'envoyé spécial de l'ONU a également été particulièrement virulent à l'égard du gouvernement sud-africain, accusé de mener une politique plus proche d'une « minorité d'illuminés » que d'un État responsable. « C'est le seul pays d'Afrique parmi tous ceux que j'ai visités ces cinq dernières années qui reste aussi obtus, dilatoire et négligent quant à la mise en oeuvre des traitements », a-t-il dit.

Finalement, M. Lewis a souligné que l'épidémie du VIH/sida ne sera pas stoppée tant et aussi longtemps que les femmes ne seront pas traitées comme les égales des hommes.

En matinée, de nombreux délégués ont dressé un bilan très positif des travaux réalisés au cours de la semaine. Le microbiologiste Frank Plummer, conseiller scientifique principal de l'Agence de santé publique du Canada, a déclaré que le congrès aura permis de ramener la prévention à l'avant-plan, notamment grâce aux interventions de l'ex-président américain Bill Clinton et du multimilliardaire Bill Gates sur la question.

La Conférence a coûté 20 millions de dollars, un investissement jugé nécessaire par de nombreux participants. Quelque 30 000 délégués de 170 pays ont participé à l'événement, ce qui constitue le nombre le plus important dans l'histoire de ce forum international.

Près de 40 millions de personnes vivent avec le virus du sida dans le monde, dont 95 % dans les pays pauvres. Dans ces pays, 1,6 million de malades recevaient un traitement antirétroviral à la fin juin, soit 24 % de ceux qui en ont un besoin urgent.

Depuis la découverte de la maladie, en 1981, la pandémie a tué plus de 25 millions de personnes. Ce chiffre ne cesse d'augmenter.

Vigile à la mémoire des victimes du sida

Jeudi soir, quelques milliers de personnes ont participé à une vigile à la mémoire des victimes du sida au centre-ville de Toronto.

« C'est en se souvenant de ceux et celles que nous avons aimés et perdus que nous trouvons la force de poursuivre cette lutte », a déclaré Peter Hayes, du Comité sida de Londres.

Une quinzaine de bougies ont été allumées sur la scène pour illustrer les différentes communautés plus durement affectées par la maladie, notamment les homosexuels, les travailleurs du sexe et les consommateurs de drogues injectables.

Le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, a participé à l'événement. Dans la foule, une personne a crié « Où est Stephen Harper? », en référence à l'absence du premier ministre canadien à la conférence de Toronto.

La soirée s'est poursuivie par la lecture d'un hommage, suivie d'une minute de silence. Un spectacle, mettant notamment en vedette The Holly Cole Trio, est venu clore l'événement.

Toronto tient une vigile à la mémoire des victimes du sida depuis 1985, à l'occasion des festivités entourant la semaine de la fierté gaie. Il s'agit d'une des plus anciennes vigiles de ce genre au monde.

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