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On attend toujours l'annonce fédérale

Radio-Canada

Pendant que l'ancien président américain Bill Clinton lance un message d'espoir, les délégués attendent toujours l'annonce du gouvernement de Stephen Harper sur son nouveau programme de financement de la lutte contre le sida.

Contrairement à ce que certains quotidiens annonçaient ce matin, Radio-Canada a appris que ce n'est pas aujourd'hui que le gouvernement Harper annoncera son nouveau programme de financement pour lutter contre le sida.

Voilà déjà trois jours que les délégués attendant l'annonce du gouvernement du pays hôte du Congrès international sur le sida, qui se tient à Toronto. On s'attend à ce qu'Ottawa investisse des centaines de millions de dollars dans le Fonds mondial de lutte contre le sida et divers programmes d'aide à l'étranger. Comme la Conférence se termine vendredi, on s'attend à ce que l'annonce gouvernementale soit faite jeudi.

Déjà, lundi et mardi, les ministres de la Santé, Tony Clement, et de la Coopération internationale, Tony Clement, ont à tour de rôle annulé les conférences de presse qu'ils devaient tenir au congrès.

Selon les observateurs, le nouveau programme de lutte au sida attend le feu vert du bureau du premier ministre.

L'absence du premier ministre Stephen Harper au congrès a été fortement critiquée par les participants et l'opposition.

Clinton lance un message d'espoir

Par ailleurs, mardi, pour la deuxième journée consécutive, l'ancien président américain Bill Clinton a pris la parole. Il a déclaré que l'épidémie continuerait de progresser et qu'on ne pourra vaincre le sida sans la mise au point d'un vaccin. M. Clinton a toutefois souligné que, malgré ce combat qui semble inégal, beaucoup de progrès ont été réalisés au cours des dernières années.

Il a notamment parlé de la diminution des coûts des tests de dépistage dans plusieurs pays, ce qui les rend plus accessibles. Il a également indiqué qu'une soixantaine de pays avaient aujourd'hui accès à des médicaments génériques à un prix beaucoup plus accessible qu'auparavant. Il a indiqué qu'on pouvait maintenant offrir la trithérapie à 140 $ par personne annuellement, alors qu'elle coûtait plusieurs centaines de dollars il y a à peine quatre ans.

L'ancien président américain a également lancé un vibrant plaidoyer en faveur de l'intensification des efforts de prévention. Selon lui, les pays, agences et autres intervenants doivent travailler ensemble pour établir de meilleures façons de prévenir le sida, surtout auprès des femmes et des enfants. Selon M. Clinton, un des meilleurs espoirs pour les femmes sera la distribution éventuelle de microbicides, ce qui leur permettra de se protéger elles-mêmes sans être dépendantes de leurs partenaires. Pour les hommes, Bill Clinton a dit fonder beaucoup d'espoirs sur les études qui démontreraient que la circoncision réduit les risques de transmission. Il a toutefois ajouté que, dans un tel cas, il faudrait des efforts colossaux pour vaincre les réticences culturelles et sociales face à cette pratique.

M. Clinton en aussi a profité pour dénoncer la doctrine de la prévention du sida par l'abstinence, une réplique directe aux positions du gouvernement Bush et du Vatican dans la lutte contre la maladie. M. Clinton a indiqué que ceux qui prônent l'abstinence comme unique solution à l'épidémie ignorent tout des situations auxquelles font face les femmes dans le monde.

Améliorer la prévention

Plusieurs experts ont joint leur voix, mardi, à celle du président Clinton, pour demander d'accélérer les recherches sur de nouveaux outils de prévention. Le Groupe de travail mondial pour la prévention du sida soutient que plusieurs études sur des outils prometteurs sont présentement en cours et qu'il ne faudrait qu'une simple volonté des autorités responsables pour qu'ils soient disponibles très bientôt.

Selon le groupe, les recherches sur les microbicides, un gel vaginal qui bloque la transmission du virus VIH, et la circoncision, par exemple, sont bien avancées et ces méthodes pourraient être disponibles d'ici un à cinq ans.

Parmi les autres outils de prévention prometteurs, le groupe a notamment parlé des diaphragmes, de l'administration préventive d'antirétroviraux et des soins contre l'herpès, dont les plaies facilitent le passage du virus.

L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a également lancé un appel à mettre au point des outils mieux appropriés pour contrer la maladie, surtout auprès des enfants. MSF a notamment demandé une « action immédiate » pour adapter le dosage et les prix des traitements pour les quelque 600 000 enfants gravement malades du sida.

« Nous savons qu'il est possible de soigner ces enfants, mais nous pourrions en atteindre tellement plus avec les outils appropriés », a souligné le Dr Moses Masaquoi, coordinateur de MSF au Malawi.

Dans le monde, seulement 5 % des 600 000 enfants qui ont un besoin urgent de traitement y ont accès. On estime à 2,3 millions le nombre d'enfants qui vivent avec le virus du sida, dont la majorité sont dans des pays pauvres.

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