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L'ONU déplore sans condamner

Radio-Canada

Le Conseil de sécurité des Nations unies déplore la perte de vies innocentes dans la ville libanaise, mais se refuse à condamner explicitement le bombardement israélien.

Réuni en séance extraordinaire à New York, dimanche soir, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une déclaration dans laquelle il « déplore fortement la perte de vies innocentes » dans le bombardement israélien du village libanais de Cana, mais sans le condamner explicitement.

Le secrétaire général Kofi Annan est chargé de présenter au Conseil de sécurité un rapport sur les circonstances de cet événement tragique, d'ici une semaine.

La déclaration ne fait aucune référence à un cessez-le-feu immédiat au Proche-Orient, tel que réclamé par le secrétaire général de l'ONU, la France et d'autres pays européens, mais auquel s'opposent les États-Unis et le Canada. Pour la France, un cessez-le-feu immédiat est une condition essentielle au déploiement d'une force internationale.

Le projet de résolution soumis par la France pourrait être examiné lundi au Conseil de sécurité. Le texte détaille les mesures à prendre pour un « cessez-le-feu permanent » et une « solution durable au conflit actuel entre Israël et le Liban ».

Les conditions incluent entre autres le déploiement d'une force internationale, la libération des soldats israéliens enlevés ainsi que le règlement de la question des prisonniers libanais détenus en Israël.

Le document plaide également en faveur de l'application des résolutions 1559 et 1680 de l'ONU, qui prévoient le démantèlement des milices au Liban, dont le Hezbollah, et l'exercice de l'autorité du gouvernement du Liban sur la totalité du territoire libanais.

Le texte se penche aussi sur la délimitation des frontières du Liban, surtout dans les secteurs où elle est disputée ou incertaine, dont celui des fermes de Chebaa, au pied du mont Hermon.

Louise Arbour réclame une enquête

Pour sa part, la haute-commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme a demandé, lundi, la tenue d'une enquête indépendante sur le bombardement de Cana.

Condamnant fermement le raid israélien sur le village libanais, Louise Arbour a jugé nécessaire la mobilisation d'experts internationaux « afin d'établir les faits et d'effectuer une analyse juridique impartiale ».

Une soixantaine de civils tués

Tôt dimanche matin, des frappes israéliennes ont tué au moins une soixantaine de civils, dont 34 enfants et 12 femmes, dans le village de Cana, à l'est de Tyr, au Liban-Sud.

Le pilonnage a détruit des dizaines de bâtiments, frappant notamment un abri où s'étaient réfugiées 63 personnes qui cherchaient à se protéger des bombardements. Les corps de plusieurs femmes tenant leurs enfants dans leurs bras ont été retirés des décombres.

Alors que les secours se poursuivaient encore, l'aviation israélienne a continué ses bombardements aux abords du village. Certains résidents ont affirmé que le Hezbollah avait auparavant lancé des missiles à partir d'une colline avoisinante.

De l'autre côté de la frontière, dans le nord d'Israël, 156 roquettes sont tombées dans la journée de dimanche, selon des sources israéliennes. Il s'agit d'un nombre record de tirs de roquettes en 19 jours de guerre.

Depuis le début de l'offensive israélienne, le 12 juillet dernier, 750 Libanais, principalement des civils, ont été tués et plus de 2000 ont été blessés, a estimé le ministre libanais de la Santé, Mohammad Khalifé. Au moins 51 Israéliens ont également perdu la vie dans cette guerre déclenchée par l'enlèvement de deux soldats israéliens par des activistes du Hezbollah.

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