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Marée noire en Méditerranée

Radio-Canada

Les bombardements israéliens sur une centrale électrique libanaise provoquent le déversement de 15 000 tonnes de mazout. Il s'agirait de la pire catastrophe écologique à survenir dans cette mer.

Les raids israéliens dans le sud du Liban n'ont pas que des conséquences pour la population libanaise. L'environnement subit lui aussi les contrecoups de cette offensive.

Environ 15 000 tonnes de mazout se sont déversées dans la mer Méditerranée à la suite du bombardement par Israël des réservoirs de pétrole de la centrale électrique de Jiyé, au sud de Beyrouth, il y a deux semaines.

Selon le ministre libanais de l'Environnement, Yacoub Sarraf, il s'agirait de la plus grande catastrophe écologique à survenir en Méditerranée. Le ministre estime qu'entre 8000 et 10 000 tonnes de pétrole ont atteint les côtes libanaises, qui seraient souillées sur une longueur de 70 kilomètres. Le port historique et touristique de Byblos, situé à 40 km au nord de Beyrouth, est d'ailleurs pris dans une mare de pétrole.

Les autorités croient qu'il faudra des mois pour nettoyer les côtes, une fois que la situation le permettra. Le ministre de l'Environnement a signifié qu'en raison du blocus maritime israélien, il est présentement impossible d'envoyer des équipes en mer pour contenir et récupérer le pétrole.

Le ministre déplore cette incapacité à intervenir car, selon lui, la catastrophe pourrait avoir des conséquences pour toute la région. « Si rien n'est fait, non seulement un autre tiers [des côtes] sera touché, car les courants vont vers le nord, mais également Chypre, la Syrie, la Turquie et la Grèce et même Israël », a certifié le ministre. « La faune et l'écosystème de la Méditerranée risquent de pâtir durement et certaines espèces sont menacées de disparition », s'est alarmé M. Sarraf.

Le Koweït a d'ailleurs envoyé 40 tonnes de matériel permettant de coaguler le pétrole et des tapis qui absorbent les produits pétroliers. Vendredi, l'Union européenne a indiqué qu'elle allait envoyer du matériel spécialisé et des experts.

L'ONU s'inquiète

Le programme des Nations unies pour l'environnement a affirmé samedi être très inquiet devant l'ampleur de la situation. « Nous partageons les inquiétudes des autorités libanaises sur l'impact de cet événement sur les communautés côtières. Cette tragédie environnementale possède une dimension nationale, mais aussi régionale », a déclaré l'organisme. L'ONU a aussi indiqué vouloir intervenir dès que ce sera possible.

En plus de la marée noire, l'incendie des réservoirs de la centrale a créé un nuage toxique de plus de 30 kilomètres qui est maintenant au-dessus de Beyrouth.