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L'ONU interpellée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les 1500 participants à la Conférence internationale des droits des lesbiennes, gais, bisexuels et transsexuels critiquent le double discours de l'ONU.

La Déclaration de Montréal, qui sera diffusée à la conclusion de la Conférence internationale des droits humains des lesbiennes, gais, bisexuels et transsexuels, critique l'Organisation des Nations unies (ONU). Elle dénonce le double discours de l'ONU qui refuse d'appliquer aux homosexuels sa Déclaration universelle des droits de l'homme.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit », soutient la Déclaration des droits de l'homme de l'ONU. Or ce droit est bafoué dans plusieurs pays, membres de l'ONU, où l'homosexualité est criminalisée. C'est le cas du Cameroun où 11 hommes ont été emprisonnés pour s'être trouvés dans un endroit réputé être fréquenté par des homosexuels. « Ce n'est même pas eux qui ont été dénoncés comme tel, soutient l'avocate camerounaise participant à la conférence, Alice Nkom. Mais le lieu où on les a trouvés. »

Une vieille disposition de 1972, qui ne devrait plus s'appliquer aujourd'hui puisqu'elle contrevient à la nouvelle constitution du pays, est invoquée pour incarcérer les gais et lesbiennes. Afficher son homosexualité est tellement dangereux dans certains pays, que les organisateurs des Outgames n'ont pas pris le risque de les joindre. « C'est possible d'être exécuté juste pour ça », affirme le porte-parole des Outgames, Mark Tewksbury.

« Chaque jour, je reçois sur mon site internet au moins trois histoires de gens qui ont subi l'emprisonnement, la torture, le viol ou pire encore », ajoute l'écrivaine Irshad Manji, auteure du livre Musulmane mais libre.

Les participants souhaitent que leur conférence contribue à faire évoluer les mentalités, notamment à l'ONU. Ils blâment l'institution internationale qui refuse de reconnaître les organisations non gouvernementales (ONG) qui défendent les droits des gais et lesbiennes.

La Déclaration de Montréal interpelle également les États et les grandes religions. Les premiers parce qu'ils ne garantissent pas aux homosexuels le droit de se marier et d'élever une famille et les secondes parce qu'elles n'appliquent pas leurs principes de tolérance envers les homosexuels. Cette intolérance et les tabous entourant la question nuisent, selon la Déclaration de Montréal, à la lutte contre le sida.

Les 1500 participants à la conférence, qui se tient dans le cadre des Outgames, proposent un premier pas pour le respect international des droits des gais, lesbiennes, bisexuels et transsexuels, soit l'adoption d'une journée internationale contre l'homophobie, le 17 mai de chaque année.

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