•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Charest fustige Boisclair

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans une lettre ouverte aux médias, le premier ministre du Québec accuse le chef péquiste d'avoir déformé ses déclarations à TV5 selon lesquelles le Québec a les moyens de faire l'indépendance, même si ce n'est pas dans son intérêt.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a servi dimanche une réplique cinglante au chef du Parti québécois, André Boisclair, en revenant sur ses déclarations de vendredi à la chaîne TV5.

Dans une entrevue à l'émission Le Grand Rendez-vous, M. Charest a déclaré que le Québec avait les moyens de réaliser l'indépendance, mais que ce n'était pas dans son intérêt de le faire. M. Boisclair a parlé immédiatement d'une victoire pour le mouvement souverainiste, en comparant l'importance de cette déclaration à celle d'un autre premier ministre libéral, Robert Bourassa, qui avait dit en 1990 que le Québec était libre et capable d'assumer son destin.

« Devant l'ardeur suspecte du chef du Parti québécois, M. André Boisclair, à déformer mes propos, à les sortir de leur contexte et à n'en retenir que ce qui fait son affaire, je crois qu'il est indispensable d'apporter les précisions et les nuances qui s'imposent », affirme Jean Charest dans une lettre ouverte publiée dans l'édition de dimanche du quotidien La Presse.

Dans son texte, M. Charest répète que le Québec a « les moyens de choisir son destin », qu'il est « libre de le faire », mais qu'il n'est pas « dans l'intérêt des Québécois de tourner le dos au Canada pour devenir un État séparé ».

M. Charest juge que les Québécois ne sont pas dupes et invite la population à regarder l'intégrale de l'entrevue qu'il a accordée à TV5, diffusée dimanche en fin d'après-midi sur cette chaîne accessible dans la province. Il y va aussi d'une remarque sévère au sujet de l'interprétation qu'a faite André Boisclair de ses propos.

« Son empressement pathétique à les travestir et à les récupérer pour servir sa cause sont des signes qui trahissent son désarroi devant l'impasse que représente son obsession pour la séparation et un référendum », lance le premier ministre Charest.

Des propos qui font jaser

En tournée européenne, Jean Charest a participé vendredi à l'enregistrement d'une émission d'une heure sur la province québécoise.

Lorsque l'animateur lui a demandé si le Québec avait les moyens de réaliser l'indépendance, Jean Charest n'a pas hésité. « Oui, nous avons les moyens. Personne ne remet en question la capacité du Québec financièrement [...] sauf que la vraie question est la suivante: qu'est-ce qui est dans notre intérêt, à nous? »

Le premier ministre Charest a rappelé que le Québec tirait plusieurs avantages de sa participation à la fédération canadienne. Il a mentionné notamment la place du Canada au G8, le partage des ressources naturelles et le système de péréquation.

André Boisclair n'a pas tardé à réagir à cette déclaration. Il a comparé son importance à celle du discours prononcé en 1990, après l'échec de l'accord constitutionnel du lac Meech, par le premier ministre de l'époque, Robert Bourassa.

M. Bourassa avait alors dit que le Québec était « une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. »

Selon M. Boisclair, en ajoutant maintenant que le Québec a les moyens d'être indépendant, Jean Charest a signé la fin des arguments de peur dans le débat souverainiste.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.