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Pékin volerait des organes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un rapport rédigé par des Canadiens allègue que le régime chinois prélève des organes sur des prisonniers exécutés du mouvement interdit Falun Gong à des fins de transplantation.

Le régime chinois pratiquerait des prélèvements d'organes sur des prisonniers exécutés du mouvement interdit Falun Gong pour ensuite les vendre à prix fort à des personnes en attente d'une transplantation.

C'est ce qu'allègue un rapport publié par deux Canadiens, jeudi, à la suite d'une enquête de deux mois.

David Matas, avocat spécialiste des droits de la personne, et David Kilgour, ancien député et ministre libéral fédéral, estiment qu'entre 2000 et 2005, il y a eu 41 500 transplantations dont la source reste inexpliquée.

« Je ne sais pas si c'est une politique ou de la corruption, mais c'est un phénomène répandu », a indiqué David Matas. De son côté, M. Kilgour a affirmé que des Canadiens sont au nombre des étrangers qui se sont rendus en Chine afin de recevoir ces dons d'organes illégaux.

Les deux hommes, qui n'ont pas pu obtenir de visa pour mener leur enquête en Chine, affirment avoir recueilli des témoignages au Canada, aux États-Unis, en France et en Australie et consulté des sites Internet de centres de transplantation chinois.

Ils soutiennent aussi avoir rassemblé des retranscriptions de conversations téléphoniques dans lesquelles des responsables de centres de détention ou d'hôpitaux indiquent à des interlocuteurs qu'ils pourraient disposer rapidement d'organes prélevés sur des membres du Falun Gong.

Ils citent notamment l'ex-femme d'un chirurgien chinois, selon laquelle celui-ci aurait prélevé des cornées sur 2000 prisonniers du Falun Gong.

MM. Matas et Kilgour admettent cependant ne pas disposer de preuves incontestables car, affirment-ils, les victimes sont tuées et leurs corps sont incinérés.

Le rapport formule un certain nombre de recommandations. Il demande notamment à l'ONU d'examiner la situation en Chine et aux gouvernements du monde entier d'interdire l'entrée sur leur territoire aux médecins chinois voulant acquérir une formation en matière de transplantation d'organes.

Les deux hommes affirment avoir mené leur enquête bénévolement, à la demande d'un organisme américain qui examine la persécution contre le Falun Gong. Ils soutiennent que leur recherche a été effectuée de manière indépendante de cette coalition et de toute autre organisation ou gouvernement.

Réagissant par voie de communiqué, l'ambassade de Chine à Ottawa a rejeté les conclusions du rapport, affirmant qu'il s'agit d'une campagne « sans fondement et partiale » commanditée par le Falun Gong, sur la base de « rumeurs et de fausses allégations ».

Le Falun Gong

Mouvement international apparu en Chine, le Falun Gong consiste à la base en un travail sur la circulation de l'énergie dans le corps. D'une pratique physique, le Falun Gong est progressivement passé à un système de croyances reposant sur le leader Li Hongzhi. Pratiqué par des millions d'adeptes en Chine et dans le monde, le Falun Gong est interdit depuis 1999 en Chine. Les adeptes du mouvement se disent persécutés depuis par l'administration chinoise.

Le Falun Gong accuse la Chine d'avoir notamment tué près de 75 % de ses 6000 adeptes qui étaient détenus dans un « camp de concentration » situé dans le district de Shijiatun, et d'avoir utilisé leurs organes pour des transplantations.

Pékin, qui nie s'en être pris aux membres du mouvement, accuse le Falun Gong d'être une secte qui porte de graves atteintes à la société, en prêchant notamment le culte du gourou ainsi qu'en exerçant un strict contrôle spirituel sur les adeptes et en s'appropriant leurs biens.

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