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Du bison qui n'en est pas

Radio-Canada

Des analyses effectuées pour Radio-Canada révèlent que de la viande vendue par certaines boucheries québécoises comme étant du bison était en fait du boeuf ou du wapiti.

Une enquête menée depuis un an par Radio-Canada révèle que certaines boucheries québécoises ont vendu de la viande de boeuf ou de wapiti en la faisant passer pour de la viande de bison.

En mai et en juin 2005, une équipe de Radio-Canada a acheté six échantillons de viande qui devait être du bison. Ces échantillons ont été analysés à l'Université Trent, en Ontario, où se trouve le seul laboratoire canadien qui effectue des analyses d'ADN pour la viande de gibier. Trois des échantillons analysés étaient en fait du boeuf, conclut Christine Wozney, responsable du laboratoire.

Ces résultats confirment les affirmations d'un ancien employé de la Maison du Rôti, à Montréal. Selon lui, ce qui était vendu comme du bison était souvent substitué par d'autres viandes. Il affirme aussi qu'un gérant demandait parfois aux employés de prendre certains morceaux de boeuf de couleur plus foncée et de les vendre comme du bison.

Il semble que l'affaire était bien connue du personnel. « Les employés en parlaient et presque tout le monde le savait », affirme l'ex-employé.

La pratique semble s'être poursuivie cette année. L'équipe de Radio-Canada a commandé des tests d'ADN sur huit morceaux achetés entre février et avril 2006. Cette fois, l'un des échantillons de viande vendue comme du bison était en fait du wapiti. Le propriétaire de la Maison du Rôti a refusé d'accorder une entrevue à l'équipe de Radio-Canada. Toutefois, lors de conversations téléphoniques, il a affirmé que ce problème avait été réglé.

Pour compléter l'enquête, l'équipe de Radio-Canada a fait analyser 11 autres échantillons achetés en mai dans six autres boucheries de la province. Une anomalie a été relevée à la boucherie Prince Noir de Montréal. Un des deux échantillons vendus comme du bison s'est révélé être du wapiti. Le propriétaire de la boucherie, Michel Boulais, affirme qu'il s'agit d'une erreur d'étiquetage commise par une employée qui en était à sa première journée.

Qu'on parle de problèmes d'étiquetage ou de substitution volontaire, cette affaire soulève des questions quant à la viande de gibier vendue au Québec. Le gouvernement québécois affirme que l'identification des viandes de gibier ne fait pas partie de ses priorités. Aucune vérification systématique n'est effectuée dans les boucheries de la province et, de toute façon, Québec ne dispose même pas des outils scientifiques qui lui permettraient de le faire.