•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des excuses et de l'argent

Radio-Canada

Le premier ministre du Canada présente officiellement des excuses aux immigrants chinois qui ont été forcés de payer une taxe d'entrée au pays de 1885 à 1923. Ottawa offre aussi une compensation financière symbolique.

Les Chinois qui ont dû payer une taxe d'entrée à leur arrivée au Canada ont reçu jeudi les excuses officielles du gouvernement canadien. M. Harper a pris la parole à la Chambre des communes pour remplir cette promesse électorale et mettre fin à une vieille controverse.

Entre 1885 et 1923, les Chinois devaient payer une taxe d'entrée variant de 50 $ à 500 $ pour s'installer au pays, une somme faramineuse à l'époque. Environ 81 000 Chinois auraient payé cette taxe d'admission.

Il s'agit de la seule communauté à avoir dû payer une telle taxe, même si ses membres venaient au pays pour participer à la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. Puis, de 1923 à 1947, le gouvernement a promulgué une loi interdisant l'immigration chinoise au Canada. Des restrictions sur l'immigration chinoise sont demeurées jusqu'en 1967.

« Au nom du gouvernement du Canada, nous présentons des excuses complètes aux Canadiennes et Canadiens d'origine chinoise pour la taxe d'entrée, et nous sommes profondément désolés pour l'exclusion des immigrants qui a suivi », a déclaré le premier ministre Harper à la Chambre des communes.

Une compensation symbolique

En plus de mettre en place un fonds pour aider la communauté chinoise et transmettre son histoire, Ottawa offrira une compensation financière symbolique à ces immigrants et aux survivants des familles touchées. Ainsi, le gouvernement Harper offrira une somme de 20 000 $ aux personnes touchées toujours vivantes. Les descendants et les veuves recevront une somme moindre.

On estime qu'une trentaine d'immigrants chinois ayant dû payer cette taxe sont toujours vivants, dont certains sont âgés de 100 ans et plus.

La communauté chinoise demandait une compensation de 21 000 $ pour les 35 survivants et de 10 000 $ pour les 360 veuves et les 4000 descendants.

Le gouvernement du Canada a longtemps hésité à poser ce geste politique, puisqu'il s'agit en quelque sorte d'un aveu officiel. Cela pourrait donc l'exposer à des poursuites.

Mais il s'agit aussi d'un geste qui pourrait permettre à Stephen Harper de séduire la nombreuse communauté sino-canadienne. M. Harper ne s'est d'ailleurs pas gêné pour qualifier la politique de taxe à l'immigration de honteuse et d'injustice grave.

Une réception au Parlement

En soirée, une réception réunissant les survivants, les veuves et les descendants avait lieu au Parlement, dans la Salle des chemins de fer, en présence du premier ministre.

Un des survivants de l'époque de la taxe, James Pon, a remis à Stephen Harper le dernier clou utilisé pour construire le chemin de fer du CP. Le premier ministre a par la suite signé un certificat exprimant les excuses du gouvernement à la communauté.

« À certaines époques, nous faisons des erreurs, parfois graves. Il est nécessaire de les avouer », a dit M. Harper, qui a prononcé quelques mots en langue chinoise dans son discours.