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Boisclair nie toute implication

Radio-Canada

Le chef du Parti québécois soutient que la direction de son parti ignorait l'existence de dons illégaux versés par la firme Groupaction et mis en lumière par le juge Moisan.

Même si le rapport d'enquête sur l'utilisation de l'argent des commandites semble sans équivoque, le chef péquiste André Boisclair nie toute implication de son parti dans les faits qui lui sont reprochés.

En effet, pour le juge à la retraite Jean Moisan, il ne fait pas de doute que les dirigeants du Parti québécois étaient au courant du caractère illégal des contributions totalisant 96 000 $ effectuées par Jean Brault ou par des employés de Groupaction entre 1995 et 2000, ce qu'a nié M. Boisclair lors d'un point de presse.

André Boisclair estime que les seules personnes qui ont fait des gestes contraires à la loi sont celles qui, au sein de Groupaction, ont fait des dons illégaux.

Il n'en demeure pas moins que le PQ entend déposer en fiducie quelque 75 000 $. Une première tranche de 21 000 $ avait déjà été remboursée par le parti voilà quelques mois.

Le PLQ aussi

Le juge Moisan soutient aussi que le Parti libéral du Québec a reçu, des mêmes acteurs, entre 1995 et 2003, quelque 8325 $ de « contributions déguisées ». Par contre, rien ne prouve, selon le juge Moisan, que la direction du PLQ était au courant de l'illégalité de ces contributions.

Rien ne prouve non plus que Jean Brault, l'un des principaux acteurs du scandale des commandites, a versé une somme de 50 000 $ au PLQ juste avant l'élection générale de novembre 1998. Il semblerait que cette somme a plutôt été versée en remboursement d'un solde dû à la suite d'une transaction immobilière.

Pour la présidente du Conseil du Trésor, Monique Jérôme-Forget, qui réagissait, mercredi, au rapport, il faut déplorer l'existence, chez le PQ, d'un véritable système de ristourne où l'on sollicitait des dons contre des promesses de contrat.

Pendant cette enquête à huis clos, le juge à la retraite a interrogé une soixantaine de personnes, dont le premier ministre du Québec, Jean Charest. Radio-Canada a appris que Jean Charest a dû répondre à des questions précises sur la façon dont il a financé sa campagne électorale de 1998 et sur les agissements de son entourage. Toutefois, rien dans son témoignage ne l'a incriminé.

Le juge Moisan profite aussi de son rapport pour recommander, afin de rendre la loi électorale plus efficace, de permettre aux personnes morales de faire des dons annuels pouvant atteindre 15 000 $ aux partis politiques. Ces dons pourraient être confiés au directeur général du Québec (DGEQ) qui les redistribuerait entre les partis au prorata des votes recueillis lors des dernières élections.

De plus, le montant maximal des contributions individuelles aux partis devrait passer de 3000 $ à 5000 $.

Des poursuites pénales contre les contrevenants semblent toutefois peu probables, puisque la loi ne les autorise pas lorsque les événements remontent à plus de cinq ans.