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Québec fera payer les pétrolières

Radio-Canada

Le gouvernement Charest dévoile son plan de réduction des gaz à effet de serre qui sera financé par une redevance imposée aux compagnies gazières et pétrolières qui, disent-elles, feront payer la facture aux consommateurs.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et le ministre du Développement durable, Claude Béchard, ont déposé jeudi leur plan d'action sur les changements climatiques afin d'atteindre 72 % des objectifs du protocole de Kyoto sans l'aide d'Ottawa.

D'ici 2012, le gouvernement Charest s'engage à réduire de 10 millions de tonnes ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Il devra toutefois compter sur l'appui du fédéral pour réduire les GES de 3,8 millions de tonnes supplémentaires et ainsi atteindre la cible fixée par Kyoto.

Pour atteindre ses objectifs, Québec mise sur 24 actions. Parmi ces mesures:

  • l
  • imiter la vitesse des poids lourds à 105 km/h. Cette mesure devrait entraîner l'élimination de 330 000 tonnes métriques de GES, en plus de permettre l'économie de plus de 10 000 litres de carburant par véhicule;
  • i
  • nciter les manufacturiers à respecter une norme d'émission de GES à partir de 2010. Cette mesure permettrait une réduction de 1,7 million de tonnes de GES;
  • a
  • mender le Code du bâtiment du Québec afin de rendre les nouvelles constructions moins énergivores, pour des économies de 50 000 tonnes.

    Le secteur pétrolier et gazier mis à contribution

    Le financement de toutes ces mesures sera assuré par le Fonds vert, qui recueillera 1,2 milliard de dollars sur six ans. Ce fonds sera financé par une redevance sur les hydrocarbures imposée aux entreprises du secteur pétrolier et gazier.

    Le ministre Béchard a indiqué que cette mesure avait été conçue sur le principe du pollueur-payeur, soulignant que les pétrolières en Suisse avaient elles-mêmes créé un fonds pour la lutte aux GES.

    De plus, Québec réalisera une campagne d'information afin de sensibiliser la population aux différentes mesures annoncées.

    En dotant la province d'un tel plan, le premier ministre Jean Charest espère faire pression sur ses voisins et sur le gouvernement canadien, à qui il réclame une aide de 328 millions dollars pour atteindre les objectifs du protocole.

    La facture aux automobilistes

    Le vice-président de l'Institut canadien des produits pétroliers, Carol Montreuil, est déçu que le financement de ce programme soit assuré par l'industrie. « Il n'y a aucun doute que les consommateurs paieront davantage », a ajouté M. Montreuil.

    Du côté des environnementalistes, Greenpeace appuie la démarche du gouvernement Charest. Steven Guilbeault, directeur de Greenpeace Québec, a affirmé que les pétrolières étaient en très bonne santé financière et qu'elles pouvaient collaborer.

    Selon lui, M. Montreuil se trompe lorsqu'il affirme que le secteur pétrolier est le seul qui soit mis à contribution. M. Guilbeaut cite en exemple les manufacturiers automobiles à qui on a imposé le standard californien.

    Jusqu'à maintenant, 163 pays ont signé le protocole de Kyoto adopté au Japon en 1997. Les 38 pays industrialisés signataires ont pour objectif de réduire de 5,2 % d'ici 2012 leur niveau d'émission de GES par rapport à celui de 1990.