•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Washington sous pression

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la suite de la découverte de trois détenus pendus dans leur cellule, le sénateur républicain Arlen Specter réclame des procès pour mettre fin à l'incertitude sur le sort des détenus de la base militaire.

Une voix républicaine s'est ajoutée au concert d'appels internationaux réclamant la fermeture de la prison de la base américaine de Guantanamo, à Cuba, à la suite de la découverte de trois détenus pendus, la fin de semaine dernière.

Le sénateur républicain de la Pennsylvanie, Arlen Specter, a ainsi fait écho à certains démocrates en disant que les détentions sans accusations formelles avaient assez duré. « Il faut que ces gens soient jugés », a-t-il lancé sur les ondes du réseau CNN, dimanche.

À ce jour, seulement 10 des quelque 460 prisonniers détenus à Guantanamo ont été formellement inculpés par les autorités américaines, mais aucun d'entre eux n'a été jugé.

La plupart de ces détenus ont été arrêtés en Afghanistan à l'automne 2001. Ils ont le statut de « combattant ennemi » et, à ce titre, ne jouissent pas des mêmes droits que les prisonniers de guerre officiels ou que les personnes soupçonnées de crimes de droit commun.

Le premier ministre britannique Tony Blair, pourtant un allié de Washington, a qualifié le camp de détention « d'anomalie ». Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, en a réclamé la fermeture, tout comme l'Union européenne.

À la suite d'une demande du gouvernement allemand, un conseiller du président George W. Bush a indiqué que l'administration américaine fournirait des explications sur les décès de ces trois prisonniers.

Visite de la Croix-Rouge internationale

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) enverra une équipe à la base américaine de Guantanamo. Le CICR est chargé de faire respecter les conventions de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre.

Il s'agit de la seule organisation non gouvernementale à avoir accès à la base militaire, mais ses observations ne sont jamais rendues publiques, puisque seules les autorités américaines peuvent en prendre connaissance.

Le porte-parole du CICR, Vincent Lusser, a précisé qu'il s'agissait d'une procédure normale à la suite d'un tel incident, et non d'une enquête formelle sur la cause des décès. L'organisation a toutefois exprimé ses inquiétudes quant à ces morts et au traitement des détenus à Guantanamo. « Le fait que des gens ne sachent pas ce qui les attend a certainement ajouté à leur stress psychologique », a ajouté M. Lusser.

Une enquête du Pentagone

C'est le Pentagone qui mène l'enquête sur l'incident. La principale question est de savoir comment les détenus ont pu s'enlever la vie, puisque les gardiens doivent les observer à un intervalle aussi rapproché que deux minutes, selon les règles de la prison.

Le lieutenant-commandant de la Marine Robert T. Durand a indiqué au quotidien The New York Times que l'un des détenus s'était caché derrière de la lessive pendue au plafond pour se suicider sans que les gardiens puissent le voir.

Les enquêteurs ont également traduit les derniers messages des trois prisonniers. L'un des prisonniers, Yasser Talal Al-Zahrani, aurait écrit dans une lettre qu'il pensait être relâché sous peu, selon ce qu'a confié son père au New York Times.

Premiers suicides rapportés

Deux Saoudiens et un Yéménite ont été retrouvés pendus avec leurs draps et leurs vêtements. Il s'agit de Yasser Talal Al-Zahrani, 22 ans, de Manii ben Chamane Al-Otaïbi, 19 ans, et de Ali Abdoullah Ahmed, dont l'âge n'a pas été précisé.

Il s'agit des premiers cas de suicide rapportés par l'armée américaine depuis l'ouverture du camp de prisonniers, en 2002. Il y aurait eu une quarantaine de tentatives de suicide (23 rapportées officiellement), en plus de nombreuses grèves de la faim, en un peu moins de cinq ans.

L'amiral américain Harry Harris a affirmé que ces suicides ne constituaient pas un acte de désespoir, mais un acte de guerre contre les États-Unis et leurs alliés.

Les familles des deux jeunes Saoudiens doutent de la thèse du suicide évoquée par Washington. Selon l'avocat des deux familles, il aurait été difficile pour les prisonniers de s'enlever la vie, puisqu'ils étaient continuellement surveillés par des personnes ou par des caméras. Il réclame une commission d'enquête indépendante sur les circonstances des décès.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.