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Cri d'alarme

Dans un geste sans précédent, 800 météorologues et océanologues canadiens adoptent à l'unanimité une résolution d'urgence demandant au gouvernement Harper de respecter le protocole de Kyoto.

Les quelque 800 membres de la Société canadienne de météorologie et d'océanographie (SCMO), réunis en congrès à Toronto, ont adopté une résolution d'urgence enjoignant au gouvernement Harper de respecter le protocole de Kyoto. À l'unanimité, ils réclament d'Ottawa comme des provinces qu'ils adoptent rapidement des mesures concrètes pour lutter contre le réchauffement du climat.

Ces scientifiques, qui ont profité du congrès pour mettre en commun leurs données sur les changements climatiques, affirment sans hésitation que le réchauffement frappera d'ici 20 ans toutes les régions du pays.

Selon Jacques Derome, professeur au département de météorologie de l'Université Laval, la hausse moyenne des températures pourrait atteindre les 5 degrés Celsius, voire 6 degrés dans le Grand Nord canadien. Il s'agit d'une accélération indéniable du processus de réchauffement.

Le directeur exécutif de la SCMO, Ian Rutheford, rappelle que le Canada, pays signataire du protocole de Kyoto, a l'obligation d'agir. M. Rutheford ne comprend donc pas les hésitations du gouvernement Harper à se doter d'un plan qui lui permettrait de respecter l'engagement canadien.

Jacques Derome doute fortement qu'une approche alternative à Kyoto, comme celle que semble vouloir développer Ottawa, soit une voie prometteuse: « En quoi un plan sur l'environnement qui ne veut pas respecter Kyoto peut-il être mieux que Kyoto? Ça me semble un peu difficile à comprendre. » Il appréhende des changements catastrophiques si rien n'est fait.

Au Canada, les industries du pétrole et du gaz concentrées en Alberta sont responsables de 29 % de toutes les émissions de gaz à effet de serre. Or, comme l'affirmait jeudi l'Office national de L'énergie (ONE), la production de pétrole extrait des sables bitumineux albertains pourrait tripler d'ici seulement 2015.