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La sécurité d'abord, martèle Bush

Radio-Canada

Le président américain annonce le déploiement de 6000 soldats de la Garde nationale à la frontière des États-Unis avec le Mexique, avant de défendre son projet de réforme de l'immigration.

Le président des États-Unis, George W. Bush, a tenté lundi de rassurer la base conservatrice de son parti en mettant l'accent sur la sécurité à la frontière du pays avec le Mexique.

Dans un discours à la nation d'une vingtaine de minutes, le président Bush a annoncé le déploiement immédiat de 6000 soldats de la Garde nationale pour sécuriser la frontière. Il a décrit cette mesure comme le début d'une période de transition et non un geste pour « militariser la frontière sud ».

M. Bush a demandé au Congrès de financer la formation de 6000 agents frontaliers qui prendront la place des soldats d'ici la fin de 2008. Le président américain a rappelé qu'il avait déjà fait passer les effectifs de la patrouille frontalière de 9000 à 12 000 agents depuis son élection, et qu'il en avait augmenté le financement de 66 %.

La frontière sud sera aussi équipée de caméras à infrarouge, de détecteurs de mouvements et de véhicules contrôlés à distance pour en assurer la sécurité. De plus, les forces de sécurité municipales et de l'État recevront une formation pour leur permettre de prêter main-forte aux agents postés à la frontière, a annoncé M. Bush.

Le président a également indiqué que les immigrants illégaux arrêtés ne seront plus relâchés sur promesse de comparaître, mais plutôt gardés en détention jusqu'à ce que les procédures légales de leur expulsion soient terminées.

Le président Bush a ensuite parlé de certains éléments plus libéraux de son projet de réforme de l'immigration.

Il a d'abord annoncé la création d'un programme de travailleurs temporaires. Les permis de séjour délivrés seront d'une durée limitée, a précisé George W. Bush, et leur détenteur aura l'obligation de retourner dans son pays après leur expiration. Ces travailleurs devront consentir à une vérification de leurs antécédents judiciaires, s'il y a lieu.

Le président américain a annoncé la création d'une carte de séjour infalsifiable pour les immigrants, qui pourrait comporter des données biométriques, comme des empreintes digitales.

Pas d'amnistie, soutient Bush

Le président Bush a ensuite discuté d'un point crucial de son projet de réforme de l'immigration, soit la régularisation du statut des immigrants vivant clandestinement aux États-Unis depuis au moins cinq ans. Cet aspect irrite les républicains les plus conservateurs.

Ceux-ci préfèrent le projet de loi adopté en décembre dernier par la Chambre des représentants, prévoyant la construction d'un mur à la frontière mexicaine et la criminalisation des clandestins. M. Bush a souhaité lundi qu'un compromis puisse être trouvé entre ce projet plus coercitif et la réforme, plus libérale, qui fait présentement l'objet de débats au Sénat.

Tout en répétant que son projet n'est pas une amnistie, le président Bush a donné une idée de ce que pourrait être un compromis acceptable dans ce dossier: « Je crois que les immigrants illégaux qui ont des racines dans notre pays et qui veulent rester doivent payer une amende significative pour avoir violé la loi, payer leurs impôts, apprendre l'anglais et travailler dans un emploi pendant un certain nombre d'années. Les gens qui respecteront ces conditions devraient pouvoir demander la nationalité - mais ils ne l'obtiendraient pas automatiquement, et il faudrait qu'ils passent après ceux qui ont respecté les règles et suivi la loi ».

La retransmission télévisée du discours de George W. Bush sur les ondes de CNN a connu un problème technique. Une trentaine de secondes avant le début officiel du discours, on a en effet aperçu brièvement le président répétant son texte, avant une coupure et un brusque retour à l'animateur Wolf Blitzer, qui s'est excusé pour la maladresse.

Réactions mitigées

Les réactions politiques ont été mitigées, à la suite de ce discours. Le leader républicain au Sénat, Bill Frist, a félicité le président pour sa déclaration, tout en saluant le déploiement de la Garde nationale comme solution à court terme « pendant que les réformes à long terme commencent à entrer en vigueur ».

Le leader républicain à la Chambre des représentants, John Boehner, a réagi avec un peu moins d'enthousiasme, se limitant à souligner « l'engagement du président à rendre les frontières plus sûres ».

Le numéro deux des démocrates au Sénat, Richard Durbin, a indiqué que le déploiement de soldats à la frontière devait se faire de manière réfléchie. « Les Américains ne veulent pas d'un plan bricolé pour obtenir un soutien politique. Il ne doit pas s'agir d'un nouveau déploiement militaire à long terme sans plan clair », a-t-il déclaré.

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