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Une mise en garde

D'influents souverainistes, dont l'ancien conseiller politique Jean-Roch Boivin, appellent les péquistes impatients à faire une croix sur leurs projets d'élection référendaire et de déclaration unilatérale d'indépendance.

Plusieurs intellectuels souverainistes, ainsi que des habitués des hautes sphères politiques, invitent les péquistes impatients à rejeter l'idée de tenir une élection référendaire, tout comme celle d'une déclaration unilatérale d'indépendance, aussitôt acquise une hypothétique victoire référendaire.

Ces souverainistes de longue date, réunis autour du juriste Marc Brière, lancent leur Manifeste pour une approche réaliste de la souveraineté, afin de s'opposer à certains éléments du programme adopté en juin 2005.

Ils s'opposent aussi à la création possible d'un nouveau club politique au sein du Parti québécois, le Mouvement pour une élection sur la souveraineté (MES). Les membres du MES, qui espèrent obtenir leur accréditation de la direction du PQ, vont jusqu'à proposer que le parti procède à des gestes de rupture avec le Canada dès sa réélection.

Les signataires du manifeste, publié dans le quotidien Le Devoir, estiment qu'une majorité de Québécois est attachée à l'idée que l'indépendance ne peut se faire que par voie référendaire. Ils croient par ailleurs qu'Ottawa refuserait net de négocier la sécession du Québec du simple fait qu'une majorité d'élus indépendantistes aurait proclamé l'indépendance.

Les signataires sont aussi sans merci pour l'idée d'une élection pré-référendaire, dont le programme tiendrait à la seule promesse de tenir un référendum. Ils y voient une marque d'arrogance et de mépris qui rebuterait l'électorat.

Ils estiment en outre qu'une déclaration unilatérale d'indépendance n'aurait de légitimité que si Ottawa négocie de mauvaise foi lors des tractations qui suivraient un référendum. Le programme du PQ adopté en juin 2005 comprend une section où le parti s'engage à poser « une série de gestes de souveraineté au lendemain du référendum. »

Les auteurs du manifeste sont aussi critiques de l'idée selon laquelle l'obtention de 50 % plus une voix lors d'un référendum ouvre la voie à la souveraineté.

Tout en reconnaissant la légitimité de la règle, ils estiment qu'une trop courte victoire permettrait à Ottawa d'utiliser l'avis de la Cour suprême sur les modalités entourant une éventuelle sécession du Québec pour empêcher ou retarder la reconnaissance du nouvel État, tant au pays qu'au niveau international.

On retrouve parmi les signataires du manifeste Jean-Roch Boivin, conseiller politique des premiers ministres René Lévesque et Lucien Bouchard, le juriste Marc Brière, l'écrivain Claude Jasmin, James Wilkins, un ancien adjoint de l'ex-premier ministre Bernard Landry, le sociologue Jacques Beauchemin et les politologues Henry Milner et Guy Lachapelle.