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La «propagande fédéraliste» indigne

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Dans une lettre ouverte aux journaux, la Société des professeurs d'histoire du Québec dénonce le « pur exercice de propagande » que constitue le nouveau programme proposé, silencieux sur de nombreux événements marquants.

C'est sur le ton de l'indignation que le président de la Société des professeurs d'histoire du Québec, Laurent Lamontagne, critique le nouveau cours d'histoire et d'éducation à la citoyenneté que le ministère de l'Éducation pourrait imposer aux élèves de 3e et 4e années du secondaire dès l'an prochain.

« Désinformation », « propagande fédéraliste », « parti pris nettement tendancieux et obscurcissant »: les mots employés par M. Lamontagne et l'historien Félix Bouvier, dans une lettre ouverte aux médias, sont tranchants.

Ils réagissent au nouveau cours qui propose une vision « moins politique » de l'histoire en taisant certains épisodes conflictuels, comme le révélait Le Devoir dans ses pages, jeudi.

« À notre avis, l'actuelle proposition a été conçue par des historiens fédéralistes et vise à former une jeunesse qui penserait comme eux [...] en taisant des côtés historiques de notre histoire qui amènent logiquement un développement de l'identité québécoise », écrivent les historiens.

Silences assourdissants

Au centre de l'indignation des professeurs, le silence entourant de nombreux événements pourtant marquants de l'histoire canadienne.

Les auteurs de la lettre disent constater que le programme à « l'esprit résolument ultrafédéraliste » cherche à « évacuer le plus systématiquement possible les différents phénomènes d'oppression nationale subis par les ancêtres des Québécois actuels ».

Le cours écarterait carrément toute référence à l'Acte d'Union, à la conscription de 1917, à la déportation des Acadiens et aux tentatives d'assimilation des Canadiens français, notamment.

Le silence est plus assourdissant encore, pour les auteurs, pour la période couvrant les 25 dernières années, marquées par les tensions constitutionnelles. « À partir de 1980, ce qui s'apparente à du "biaisage" fédéraliste et à de la désinformation historique sur la question nationale devient criant. » Aucune mention, relèvent-ils, des référendums de 1980, 1992 et 1995, ni de l'échec de l'accord du lac Meech.

Il s'agit, pour les signataires de la lettre, de « choix idéologiques disciplinaires essentiellement biaisés ».

« Les conflits font partie de l'histoire », dit le ministre

Le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-Marc Fournier, avait réagi vivement à la publication de l'article du Devoir .

« Les conflits font partie de l'histoire. Ils expliquent l'histoire et les suites de l'histoire. Pour être rassembleur, il faut comprendre l'histoire et les conflits. Pas question de gommer ça. », a dit M. Fournier.

M. Fournier a ajouté que le document auquel Le Devoir faisait référence n'était qu'un document de travail et que le nouveau programme était loin d'être adopté. Il disait ne pas avoir pris connaissance du document en question.

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