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Le gouvernement se défend

Radio-Canada

Le premier ministre Stephen Harper doit défendre sa décision d'interdire aux médias de couvrir l'arrivée à la base ontarienne de Trenton des dépouilles des quatre soldats canadiens tués en Afghanistan.

Les dépouilles des quatre soldats canadiens tués en fin de semaine dernière en Afghanistan sont arrivées mardi à la base militaire de Trenton, en Ontario.

Les médias n'ont pas eu accès à la piste d'atterrissage pour prendre des images des cercueils drapés de l'unifolié. Les journalistes ont dû se contenter d'images lointaines de l'avion et de familles attendant sur le tarmac, comme l'a exigé le gouvernement Harper la veille.

Le premier ministre Stephen Harper s'est défendu d'avoir pris cette décision afin de contrôler l'image de l'armée canadienne et de sa mission en Afghanistan, mais bien dans le but de respecter les familles endeuillées.

« Il n'est pas question de séances de photos ou de couverture des médias. Il s'agit du meilleur intérêt des familles », a-t-il fait valoir à la Chambre des communes.

Le ministre de la Défense, Gordon O'Connor, a cependant confirmé que le gouvernement n'avait pas sollicité l'avis des familles des quatre soldats morts au combat avant d'apporter des modifications au protocole et d'imposer cette restriction aux médias.

L'opposition crie à la censure

À la Chambre des communes, le premier ministre Harper a dû répondre aux critiques des partis d'opposition, qui l'accusent de « censure ».

« Est-ce que le premier ministre peut nous dire ce qu'il tente de cacher en déshonorant nos soldats? » a demandé le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD). Jack Layton estime que l'approche du gouvernement Harper ressemble à celle de l'administration Bush, qui a décidé à un certain moment d'interdire aux médias de prendre des images de soldats américains morts en Irak.

De son côté, le chef de l'opposition officielle, Bill Graham, a soutenu que cette décision portait atteinte au succès de la mission militaire canadienne. « Dans notre pays, c'est important que la population assiste à ces cérémonies pour savoir les sacrifices que font nos troupes », a-t-il souligné.

Le chef du Bloc québécois estime quant à lui qu'il aurait mieux valu consulter les quatre familles concernées avant de prendre une décision. « La meilleure des politiques serait de permettre que la presse puisse y être à moins qu'une famille s'y oppose », a déclaré Gilles Duceppe.

Quelques rares députés conservateurs ont également émis certaines réserves. L'Ontarien Garth Turner a notamment indiqué que son bureau avait été « assiégé » par des appels téléphoniques d'électeurs en colère.

Des familles de militaires mécontentes et des soldats soulagés

Le premier ministre Harper a aussi dû essuyer les critiques de certains membres de familles de militaires.

Richard Léger, le père du sergent Marc Léger qui a été tué par un tir ami en Afghanistan, en 2002, a souligné que la présence du public avait été très réconfortante dans ce moment difficile. « Nous voulions montrer à tous les Canadiens le prix de leur liberté », a-t-il dit.

Des soldats en poste en Afghanistan ont toutefois approuvé le nouveau protocole adopté par le gouvernement conservateur, qui prévoit également que le drapeau ne sera plus mis en berne sur la colline parlementaire, à Ottawa, lorsqu'un soldat mourra en mission.

Selon les militaires canadiens, la peine des familles et des veuves de soldats morts en devoir est quelque chose de profondément personnel et les médias n'ont pas à l'étaler au grand jour pour tous les Canadiens. « Tout le monde le sait quand quelqu'un se fait tuer ici, a déclaré le canonnier Hugo Girouard, de Shilo, au Manitoba. Alors, ça sert à quoi de dramatiser ce qui l'est déjà assez? »

Rappelons que les soldats Matthew Dinning, Myles Mansell et William Turner sont morts sur le coup, samedi, lorsqu'une bombe a explosé au passage de leur véhicule en Afghanistan. La quatrième victime, le caporal Randy Payne, est morte des suites de ses blessures dans un hôpital militaire.

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