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Bush veut soulager les automobilistes

Radio-Canada

Le président américain ordonne la suspension de l'approvisionnement de la réserve stratégique des États-Unis et souhaite une reprise de la construction de raffineries, pour faire baisser le prix du brut.

Le président américain George W. Bush n'a pas manqué l'occasion, mardi, de carburer aux promesses économiques pour remonter la cote politique de son administration.

Aux États-Unis, les prix moyens à la pompe ont été haussés de 33 ¢US le gallon, soit une hausse de quelque 10 ¢CA le litre, en un mois seulement. Depuis l'arrivée au pouvoir de George W. Bush, voilà maintenant cinq ans, le prix de l'essence aux États-Unis a littéralement doublé.

Actuellement, un litre d'essence se vend en moyenne autour de 89 ¢CA aux États-Unis.

M. Bush a déclaré que la hausse du prix de l'essence était un impôt déguisé pour les travailleurs américains. Il a donc annoncé deux politiques pour diminuer le fardeau des automobilistes.

D'abord, le président ordonne la suspension de l'approvisionnement de la réserve stratégique de pétrole des États-Unis, qui compte 685 millions de barils, jusqu'à l'automne. Cela permettra d'augmenter la quantité de brut disponible sur le marché.

Ensuite, M. Bush demande aux pétrolières de réinvestir une partie de leurs profits dans la construction de raffineries, arrêtée depuis 30 ans. Ainsi, soutient le président américain, le pays pourra augmenter sa production intérieure et être moins dépendant de ses importations.

George W. Bush en fait même une question de sécurité nationale, puisque des pays instables ou antiaméricains, selon ses dires, font partie des fournisseurs des États-Unis. Les Américains importent 60 % de leur pétrole.

Enfin, le président Bush y est allé d'affirmations un peu plus délicates. Il a lancé un avertissement à l'industrie, en disant qu'elle pourrait devoir se passer de certains allègements fiscaux. Il a estimé que ces déductions coûtaient jusqu'à 200 millions de dollars par année aux Américains.

D'un autre côté, il s'est montré ouvert à permettre l'utilisation de MTBE, une substance considérée comme cancérigène, comme additif à l'essence, au lieu de l'éthanol.

Il est également revenu à la charge avec le projet de forage pétrolier dans une réserve naturelle en Alaska, qui a soulevé une forte opposition au Canada.

Une enquête sur les prix

Par ailleurs, les autorités fédérales américaines vont examiner en détail les mécanismes de fixation des prix de l'essence, à la demande de la Maison-Blanche. Elles tenteront de déterminer si les prix records observés actuellement aux États-Unis ne sont pas issus d'une quelconque manipulation illégale.

« La justice ne tolérera pas de manipulation », a déclaré George W. Bush.

L'opposition démocrate a reproché au président de ne pas être assez dur avec les pétrolières. « À l'entendre, on dirait que c'est le pompiste du coin qui fait problème, alors que nous savons tous que ce sont les grosses sociétés pétrolières », a lancé le sénateur Charles Schumer.

Pour sa part, la porte-parole du Parti démocrate, Karen Finney, a qualifié l'intervention du président de « campagne de relations publiques ». Elle a ajouté que les républicains avaient rejeté nombre de propositions démocrates pour faire face à l'explosion des prix de l'essence.

Le marché new-yorkais a bien réagi à ces annonces du président, le prix du baril de brut chutant de 45 ¢US pour clôturer à 72,88 $US. À Londres, le prix du Brent a augmenté de 21 ¢US, clôturant à 73,21 $US.

L'entreprise britannique BP a aussi annoncé qu'elle avait repris la production à sa raffinerie de Texas City, endommagée par les ouragans de l'été dernier. Cette injection de 200 000 barils par jour dans la production américaine a pu aussi contribuer à la chute du prix du brut.