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Le G7 confronté à un baril à 75 $US

Radio-Canada

Les ministres des Finances des pays les plus industrialisés, réunis à Washington, déterminent des pistes de solution pour éviter que la hausse des prix du brut ne nuise à la croissance économique mondiale.

Les ministres des Finances et les présidents des banques centrales des sept pays les plus industrialisés se sont engagés, vendredi, à agir pour éviter que la hausse des prix du brut nuise à la croissance économique.

Dans une déclaration commune à l'issue d'une réunion à Washington, ils ont déterminé « des développements sur le marché du pétrole, des déséquilibres globaux et du protectionnisme croissant » comme des risques menaçant la santé de l'économie mondiale.

Les ministres ont recommandé de faire des investissements dans la production, l'exploration et les capacités de raffinage du pétrole. Ils ont aussi appelé les pays producteurs à « fournir un environnement ouvert et sûr » pour favoriser les investissements, et à « améliorer la transparence des marchés par des données plus complètes et précises sur la production ».

Depuis 2002, les cours du brut ont triplé, en raison notamment d'une demande en forte croissance et, plus récemment, des craintes que font peser sur les livraisons de pétrole la question du nucléaire iranien et les tensions au Nigéria. S'y ajoutent les craintes américaines d'une pénurie d'essence au cours de la période estivale aux États-Unis.

Une réunion très à propos

Le pétrole est un thème récurrent au G7-Finances, qui disait déjà son inquiétude sur le sujet il y a deux ans, alors que le baril était à peine à 30 $US. Or, le baril de brut a franchi en journée, vendredi, la barre des 75 $US sur les marchés new-yorkais.

Selon les prévisions économiques du FMI publiées mercredi, la croissance a pour l'instant bien résisté à la hausse du brut. Le Fonds s'attend d'ailleurs à ce qu'elle atteigne les 4,9 % dans l'ensemble du monde en 2006.

Seulement, pour de nombreux économistes, l'impact jusqu'ici modéré de la hausse des prix du pétrole pourrait rapidement se traduire par un recul de la croissance. « Si une hausse de 10 $US du prix du baril pendant un an retire 0,5 point à la croissance des pays du G7, alors nous nous acheminons déjà vers une croissance plus faible en 2006 », estime Carl Weinberg, de High Frequency Economics.

Outre l'envol des prix du pétrole, les ministres des Finances du G7 ont abordé la question de la sous-évaluation des monnaies asiatiques, en particulier le yuan chinois. Ils ont souhaité une plus grande souplesse des taux de change pour corriger les déséquilibres mondiaux.

La réunion a été suivie par un dîner auquel ont été conviés des représentants de la Chine, de la Russie, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, les trois derniers pays étant parmi les plus gros producteurs de pétrole au monde.

Le G7-Finances réunit les ministres des Finances des sept pays les plus industrialisés du monde, soit l'Allemagne, le Canada, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon.

La rencontre de vendredi se tenait en marge de la tenue, ce week-end, des assemblées de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.