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La contestation prend de l'ampleur

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un groupe d'une centaine d'autochtones de la réserve mohawk de Tyendinaga perturbe le trafic ferroviaire entre Kingston et Toronto en guise d'appui aux occupants de Caledonia.

La contestation amérindienne prend de l'ampleur en Ontario, malgré un appel au calme lancé par le chef Augus Toulouse, représentant des autochtones de l'Ontario.

À l'est de Belleville, un groupe d'une centaine d'autochtones de la réserve mohawk de Tyendinaga perturbe le trafic ferroviaire. Ils bloquent la voie ferrée au moyen d'un autobus pour exprimer leur appui aux occupants de Caledonia. Selon eux, la situation à Caledonia ne doit pas être perçue comme une crise autochtone, mais bien comme une crise nationale.

Une douzaine de trains de marchandises du Canadien national sont immobilisés. Le service de VIA Rail Toronto-Ottawa et Toronto-Montréal est interrompu dans les deux directions par des militants indigènes. Des autobus nolisés sont utilisés pour transporter les passagers, ce qui entraîne de nombreux retards.

Le Canadien national tente d'obtenir une injonction pour récupérer ses voix ferrées, mais les Amérindiens préviennent qu'ils resteront sur place tant que la situation de Caledonia ne sera pas résolue.

Comparution

La majorité des 16 Amérindiens arrêtés à Caledonia lors de l'opération policière pour mettre fin à l'occupation d'un chantier de construction ont été remis en liberté.

Ils sont accusés de voie de fait contre les policiers, d'intimidation et de conduite dangereuse. Les infractions qui leur sont reprochées auraient été commises au moment où les policiers sont entrés sur le chantier de construction de Caledonia pour déloger les occupants.

La plupart des accusés ont été libérés moyennant une caution de 1000 $. Ils devront se plier à certaines conditions, dont celle de rester à au moins 30 mètres du chantier de construction et de respecter un couvre-feu.

Un seul des accusés demeure incarcéré. Il n'a pu comparaître puisqu'il refuse de reconnaître l'autorité de la Cour supérieure.

L'occupation se poursuit

Une cinquantaine d'autochtones de Caledonia, près de Hamilton, bloquent toujours l'accès au projet de développement immobilier sur des terres qu'ils revendiquent en vertu d'un traité datant du XVIIIe siècle.

Le gouvernement du premier ministre ontarien Dalton McGuinty a d'ailleurs tenu une rencontre d'urgence au lendemain de la tentative ratée des policiers pour mettre fin à une occupation qui dure maintenant depuis plus de deux mois.

Échec de l'opération policière

Jeudi, seize manifestants ont été arrêtés et trois policiers, ainsi que plusieurs autochtones, ont été légèrement blessés au cours d'une opération policière ratée. Un deuxième groupe de manifestants autochtones est alors arrivé en renfort, obligeant les forces de l'ordre à battre en retraite.

Trois barrages constitués d'immenses piles de pneus bloquent toujours la route qui mène au terrain d'une superficie de 40 hectares où un promoteur immobilier veut construire 250 maisons. Les forces de l'ordre n'ont pas l'intention d'intervenir à nouveau.

Une douzaine de membres de la communauté autochtone de Six Nations occupent depuis le 28 février le chantier de construction de Douglas Creek Estates. Ils affirment que ce terrain leur appartient, en vertu d'un traité datant de 1784. Les autorités répliquent que ce terrain a été cédé à la province en 1841, pour y construire une route.

Les manifestants autochtones, non armés, se sont dits surpris de la rapidité d'intervention et de la violence des policiers, qui étaient pour leur part munis de gaz lacrymogène, de poivre de Cayenne et de pistolets à électrochoc.

Une autre opération policière de la Police provinciale de l'Ontario (PPO) contre des occupants autochtones a tourné à l'affrontement, en 1995, au parc provincial Ipperwash. L'autochtone Dudley George a été abattu par un tireur d'élite de la police.

Le promoteur déconcerté

Douglas Creek Estate, promoteur du projet immobilier, affirme avoir acheté légalement ce terrain pour y construire des maisons résidentielles. Les autochtones affirment quant à eux qu'on leur a promis qu'il n'y aurait jamais de construction sur ce terrain, adjacent à la réserve.

Les autochtones de Kahnawake expriment leur solidarité

Les événements de Caledonia, qui rappellent également ceux de la crise d'Oka, en 1990, ont eu des répercussions jusqu'à Montréal.

Des policiers de Kahnawake ont brièvement bloqué le pont Honoré-Mercier dans les deux directions, jeudi, pour installer des drapeaux mohawks sur sa structure en guise d'appui aux occupants de Caledonia.

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