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Le Bloc veut plus que de la figuration

Radio-Canada

Le Bloc québécois demande que le Canada s'abstienne de voter si le Québec n'est pas d'accord avec la position du fédéral sur une question qui touche les compétences de la province.

À défaut d'une place pour le Québec à la table de l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), le Bloc québécois a réclamé, lundi, que les champs de compétence de la province soient respectés sur la scène internationale.

Selon la porte-parole du Bloc en matière d'affaires étrangères, la députée Francine Lalonde, le Canada devrait adopter un fonctionnement semblable à celui de la Belgique à l'UNESCO. Le gouvernement belge s'abstient en effet de voter lorsqu'il y a désaccord entre ses communautés wallonne, flamande et allemande.

« Le Québec devrait avoir le droit de s'exprimer en tout temps, même s'il n'est pas d'accord avec la position canadienne, a ajouté le chef bloquiste Gilles Duceppe. S'il n'y a pas accord dans un champ de compétence du Québec, le Canada devrait s'abstenir de voter. »

M. Duceppe a rappelé que le premier ministre Stephen Harper a promis, lors de la dernière campagne électorale, que le Québec obtiendrait à l'UNESCO un statut de participant équivalent à celui qu'il détient au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie.

Mais les règles de l'UNESCO ne permettent pas à une province ou un État fédéré d'avoir sa propre place. Le premier ministre Harper a d'ailleurs été forcé de le reconnaître la semaine dernière.

Retour à la doctrine Gérin-Lajoie

Selon le chef bloquiste, la demande du Bloc ne fait que refléter la doctrine de l'ancien ministre de l'Éducation du Québec sous Jean Lesage, Paul Gérin-Lajoie, qui disait qu'il revient au Québec d'assumer le prolongement de ses champs de compétence sur le plan international. « Quand on est maître chez soi, on est maître partout », a résumé M. Duceppe.

Le Bloc québécois soutient aussi que plusieurs traités de l'Organisation internationale du travail n'ont pas été ratifiés par le Canada, parce que certaines provinces s'y opposent. C'est le cas d'ententes sur le travail des enfants, sur le travail forcé et sur la liberté syndicale.

M. Duceppe a également commenté des informations selon lesquelles Ottawa aurait offert au Québec un siège permanent au bureau parisien de l'ambassadeur canadien à l'UNESCO. Tout en disant ignorer les demandes exactes du gouvernement de Jean Charest à cet égard, le chef bloquiste a jugé que cette offre était insuffisante. « Une fois que nous avons un représentant, que fait-il? » a demandé M. Duceppe.