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Bush aurait autorisé des fuites

Radio-Canada

L'ex-chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby, affirme que le président a autorisé des fuites d'informations secrètes à la presse pour mieux justifier sa décision de faire la guerre à l'Irak.

Le président américain George W. Bush a autorisé les fuites sur l'Irak destinées à la presse américaine, a affirmé l'ex-chef de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby.

Dans un document rendu public jeudi par le procureur spécial chargé d'instruire l'affaire Valerie Plame, M. Libby a affirmé qu'il avait reçu l'« approbation du président via le vice-président » de divulguer des informations sur l'Irak.

Lewis Libby est accusé d'avoir divulgué à la presse l'identité de l'agente de la CIA Valerie Plame, ce qui constitue un crime fédéral aux États-Unis. À l'époque de ces fuites, le président Bush avait promis de poursuivre le responsable.

Dans le document du procureur, M. Libby a affirmé qu'il avait discuté en juillet 2003 avec la journaliste du New York Times, Judith Miller, après avoir parlé avec le vice-président Cheney. Celui-ci lui a signifié que le président Bush l'avait spécifiquement autorisé à divulguer certaines informations contenues dans le National Intelligence Estimate. Ce compte rendu des services de renseignement contenait des informations classées « secret défense » sur la guerre en Irak.

Dans ce cadre, M. Libby aurait volontairement décidé de révéler à la presse l'identité de Valerie Plame afin de discréditer son mari, l'ex-ambassadeur Joseph Wilson, un opposant à la guerre en Irak. Dans le document rédigé par le procureur, il n'y a en effet pas d'indication que M. Bush ou M. Cheney ont autorisé M. Libby à révéler l'identité de Mme Plame.

À l'été 2003, l'ex-ambassadeur Wilson a publiquement mis en doute la réalité de certaines des justifications invoquées par l'administration Bush pour entrer en guerre, en particulier la vente d'uranium enrichi du Niger à l'Irak.

Lewis Libby a plaidé non coupable à des accusations d'obstruction à la justice, parjure et faux témoignage. Il a démissionné de son poste quand il a été inculpé, à l'automne 2005. Son procès devrait commencer en janvier 2007, soit avant les présidentielles de 2008.

L'été dernier, la journaliste Judith Miller a passé 12 semaines en prison pour outrage à magistrat en raison de son refus de témoigner dans l'affaire. Depuis, elle a admis avoir parlé de l'agent Valerie Plame avec M. Libby. Elle a démissionné de son journal en novembre.