Les communautés culturelles exigent un moratoire

Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Des membres de plusieurs communautés estiment que le système d'immigration canadien est responsable du problème du travail au noir.
Les membres des communautés culturelles de Toronto réclament un moratoire sur l'expulsion des travailleurs illégaux.
Dimanche, 22 Portugais sans-papiers devaient être expulsés du pays, mais seulement 15 se sont présentés à l'aéroport Pearson. L'Agence des services frontaliers compte expulser près de 70 autres Portugais vivant dans la région de Toronto au cours des deux prochaines semaines.
Mercredi, des représentants de communautés latino-américaines, caraïbéennes, portugaises, pakistanaises ont uni leurs voix à Toronto pour dénoncer l'attitude d'Ottawa. Selon elles, le gouvernement fédéral a tort d'adopter la ligne dure à l'endroit des sans-papiers parce que le problème réside dans le système d'immigration canadien.
« Nous ne demandons pas une amnistie. Nous réclamons un système qui permettra la sélection d'immigrants aptes à travailler », déclare Vilma Filici, dirigeante du Canadian Hispanic Congress. Elle admet que le pays doit faciliter l'arrivée d'immigrants sans casier judiciaire ou sans problème de santé trop important.
Les représentants des communautés culturelles dénoncent le fait que le système d'immigration évalue les candidatures avec un système de pointage qui favorise l'entrée au pays de travailleurs diplômés, mais dont les compétences ne sont pas reconnues: ainsi, des médecins d'origine étrangère doivent travailler comme chauffeur de taxi.
Ils déplorent également que le système empêche l'arrivée de travailleurs moins diplômés, comme les travailleurs de la construction, même s'il existe une pénurie de main-d'oeuvre dans ce domaine.
Selon eux, le Canada devrait réformer le système d'immigration pour permettre la venue de travailleurs dont le pays a besoin plutôt que de renvoyer les gens qui travaillent clandestinement au pays depuis des années.
Un permis de travail plutôt que l'expulsion
En plus de l'imposition d'un moratoire sur les expulsions pour réformer le système d'immigration, les membres des communautés culturelles demandent que tous les travailleurs qui occupent un emploi au noir depuis deux ans se voient accorder un permis de travail, de façon à leur permettre de travailler légalement. Lors de l'échéance de ce permis de deux ans, la citoyenneté canadienne serait automatiquement accordée à ceux qui n'ont pas de dossier criminel.
Solberg nie cibler une communauté
Le ministre fédéral de l'Immigration, Monte Solberg, nie les allégations de la communauté portugaise torontoise à l'effet que les expulsions ciblent les membres de certains groupes ethniques.
Le ministre Solberg affirme vouloir signaler aux immigrants que la seule façon de vivre au Canada est de faire une demande légitime.
Inquiétudes au Portugal
L'expulsion des Portugais provoque des réactions dans leur pays d'origine. Lisbonne s'inquiète du changement d'attitude du Canada envers les travailleurs sans papiers. Les délais très courts accordés aux familles expulsées ont choqué l'opinion publique portugaise.
Le ministre des Affaires étrangère du Portugal doit en discuter à Ottawa avec son homologue canadien Peter MacKay.
II y aurait entre 10 000 et 15 000 Portugais en situation illégale au Canada. Plusieurs travaillent dans le domaine de la construction à Toronto.
