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Plaidoyer passionné contre la chasse au phoque

Radio-Canada

Au premier ministre Stephen Harper, qui a refusé de la rencontrer, la militante des droits des animaux voulait demander de décréter un moratoire de deux à trois ans sur la chasse, dans l'espoir d'obtenir une interdiction permanente par la suite.

Brigitte Bardot a prononcé à Ottawa un plaidoyer passionné contre la chasse au phoque.

L'ancienne actrice, militante des droits des animaux, a demandé aux journalistes présents à son point de presse de se joindre à elle dans sa croisade contre la chasse.

« Comment peut-on continuer à tuer des phoques d'une telle manière dans un pays comme le vôtre? a-t-elle demandé. Il n'y a que vous qui puissiez m'aider. »

« Je vous le demande avec mes tripes et mon coeur ... je veux voir cesser ce massacre », a-t-elle ajouté, disant souhaiter que sa vie ait au moins servi à mettre fin à la chasse au phoque.

La militante dit accepter que les Inuits chassent le phoque pour se nourrir, en précisant que sa dénonciation vise avant tout ceux qui pratiquent la chasse industrielle. « Vous n'avez pas besoin de vendre les peaux, l'huile, la graisse et les pénis en poudre pour faire des aphrodisiaques dans les pays asiatiques », a-t-elle lancé.

Mme Bardot, qui est âgée de 71 ans, est venue au Canada pour la première fois en 1977 pour faire campagne contre la chasse au phoque. Elle estime que la situation est pire maintenant qu'il y a trois décennies. Alors qu'il y a 30 ans, les quotas de chasse se situaient à 125 000 têtes, aujourd'hui ils sont de 325 000 par année.

Pas de rencontre avec Harper

Du premier ministre Stephen Harper, qui a refusé de la rencontrer, elle espérait obtenir la proclamation d'un moratoire de deux à trois ans sur la chasse. Ce moratoire aurait selon elle permis aux esprits de se calmer, avant d'ouvrir la porte à un éventuel moratoire permanent. Elle ajoute qu'elle voulait rappeler à M. Harper qu'il dispose du pouvoir d'arrêter la chasse et lui demander pourquoi il ne s'en sert pas pour arrêter ce qu'elle qualifie de « massacre ».

Mme Bardot a indiqué que l'arrivée au pouvoir du chef conservateur avait suscité beaucoup d'espoir chez elle, mais qu'elle a déchanté par après.

M. Harper a affirmé, mardi, qu'il admirait Mme Bardot, mais qu'il ne ressentait pas le besoin de se faire photographier avec elle pour des raisons de publicité. Pour sa part, le ministre des Pêches, Loyola Hearn, a dit que rencontrer l'actrice française ne ferait qu'alimenter la cause des opposants à la chasse.

L'arrivée au Canada de Brigitte Bardot ne s'est pas faite sans peine. Elle a raconté que la douane canadienne l'avait retenue pendant deux heures, en plus de l'obliger à débourser 245 $ pour entrer en territoire canadien.

Après Ottawa, Brigitte Bardot compte se rendre à Bruxelles, y demander l'instauration d'un boycottage européen des produits tirés de la chasse au phoque.

Ouverture de la chasse

La visite de Mme Bardot survient alors que la saison de la chasse au phoque est sur le point de commencer dans le golfe du Saint-Laurent. Une deuxième période de chasse démarrera en avril au large de Terre-Neuve-et-Labrador.

Pêches et Océans Canada a autorisé la chasse au phoque jusqu'en 2010, et a fixé le quota de bêtes tuées pour cette année à 325 000.

Cette année, on s'attend à ce qu'il y ait des affrontements sur la banquise entre les groupes écologistes américains et les chasseurs.

La Société américaine pour la protection des animaux, l'une des principales organisations militant contre la chasse au phoque, a l'intention d'aller filmer les chasseurs à l'oeuvre, par hélicoptère ou par bateau.

De leur côté, les chasseurs disent vouloir faire leur travail en paix et promettent de ne pas se laisser intimider.

Le mois dernier, l'ancien membre des Beatles Paul McCartney était lui aussi venu au pays pour dénoncer la chasse au phoque.

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