Ottawa entreprend l'expulsion des sans-papiers

Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Des dizaines de Torontois d'origine portugaise ont reçu l'ordre de quitter le pays d'ici dimanche.
Le Congrès national luso-canadien se dit estomaqué par la décision soudaine du gouvernement fédéral d'expulser un groupe de Portugais sans-papiers.
Ottawa a décidé d'annuler l'amnistie mise en place pour les travailleurs sans-papiers.
Le nombre de travailleurs illégaux visés n'a pas été annoncé, mais un premier groupe de quarante personnes devra quitter le pays dimanche.
Le Congrès national luso-canadien demande à Immigration Canada de retarder sa décision et de réétudier les dossiers.
Le visa de séjour des familles d'origine portugaise visées par l'ordre d'expulsion est échu et elles ont épuisé tous leurs recours.
Le Congrès national luso-canadien accuse le gouvernement Harper de manquer de compassion et accuse l'ancien gouvernement libéral d'avoir donné de faux espoirs en évoquant l'idée de décréter une amnistie.
La plupart des familles expulsées, dont certaines sont au pays depuis plus de cinq ans, ne pourront jamais revenir au Canada parce que leurs membres n'ont aucun diplôme. Ils travaillent actuellement dans la construction aux côtés de Turcs et d'Ukrainiens.
Le syndicat universel des travailleurs de chantier soutient d'ailleurs que l'expulsion n'est pas une solution, d'autant plus que le gouvernement fédéral ne propose rien pour enrayer la pénurie de main-d'oeuvre qualifiée qui touche le secteur. Tout comme le congrès, il demande à Ottawa de changer le processus de sélection des immigrants, parce que le système actuel favorise les diplômés.
L'expulsion de sans-papiers n'est pas nouvelle au Canada, mais elle tranche avec les déclarations du ministre Monte Solberg, qui soutient que le travail au noir n'est pas l'une de ses priorités.
Le nombre de Portugais sans-papiers à Toronto oscillerait entre 5000 et 15 000.
Quota d'expulsion?
L'agence des services frontaliers, responsable de l'expulsion des sans-papiers, nie devoir atteindre certains quotas annuels.
Plusieurs membres de la communauté portugaise croient que cela pourrait expliquer pourquoi des dizaines de Torontois ont reçu l'ordre de quitter le pays d'ici dimanche.
Une porte-parole de l'agence fédérale affirme que la politique n'a pas été modifiée.
Lisbonne
L'histoire fait la une du quotidien Publico de Lisbonne. Dans son édition de mercredi, le grand quotidien explique que le gouvernement canadien a durci la loi sur l'immigration et exclut toute amnistie pour les illégaux. Le journal estime que « la légendaire ouverture au monde » du Canada s'est restreinte après l'accession au pouvoir du premier ministre Stephen Harper, en janvier.
