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Tarja Halonen, présidente de la Finlande

Radio-Canada

« Il y a six ans, j'étais la première présidente [de la Finlande], cette fois, je suis la première présidente réélue », s'est exclamée Tarja Halonen lors de sa reconduction à la tête de l'État, en janvier 2006. Perçue comme une femme simple, proche de ses concitoyens, cette sociale-démocrate de 62 ans se définit comme la « présidente de tous ». Quant aux médias, ils la surnomment la « mère de la nation ». Jouissant d'une immense popularité, elle a toutefois remporté de justesse la bataille des urnes au deuxième tour de la présidentielle.

Issue d'un milieu ouvrier, Tarja Halonen devient la première universitaire de sa famille. Avocate de formation, elle fait ses premières armes comme juriste au sein d'une importante centrale syndicale, après avoir obtenu sa maîtrise en 1968.

En 1971, elle se joint au Parti social-démocrate. Trois ans plus tard, elle devient conseillère du premier ministre, avant de devenir conseillère municipale à Helsinki, en 1977. Dans les années 1980, elle dirige une organisation militant pour les droits des homosexuels.

Elle occupe successivement les portefeuilles des Affaires sociales et de la Santé entre 1987 et 1990, de la Justice (1990-1991), puis devient de 1995 à 2000 la première Finlandaise à la tête des Affaires étrangères. Elle a notamment joué un rôle actif au sein du Conseil de l'Europe.

Candidate du Parti social-démocrate, elle accède à la présidence en février 2000, devenant la première femme du pays à occuper cette fonction. Elle se démarque alors de ses prédécesseurs par son aversion du protocole. Forte d'un taux de satisfaction qui a même grimpé à 97 %, « Tarja » est le chef d'État le plus populaire de tous les temps dans son pays. Malgré tout, lors de la présidentielle de janvier 2006, il lui faut un deuxième tour pour remporter un deuxième et ultime mandat de six ans. Le 29 janvier, les Finlandais la reportent au pouvoir, mais avec une faible majorité: 51,8 % des voix contre 48,2 % pour son adversaire conservateur, Sauli Niinistö.

Dans ce pays qu'on dit le plus conservateur des pays nordiques, elle se distingue par son style de vie. Mère célibataire, elle a par la suite vécu longtemps avec son compagnon avant de l'épouser, après l'obtention de son premier mandat à la présidence. Féministe convaincue, elle a quitté l'Église protestante luthérienne, religion dominante en Finlande, parce que celle-ci s'oppose à l'ordination des femmes.

La place de la Finlande, à la sauce Halonen

Localisation: Europe du Nord
Nature de l'État: république unitaire
Nature du régime: parlementaire
Chef d'État: Tarja Halonen
Chef de gouvernement : Matti Vanhanen
PIB: 152,9 milliards $US (2004)
PIB/habitant: 29 305 $US
Capitale: Helsinki
Population: 5, 2 millions (2005)
Âge médian: 41 ans
Religions: Église protestante luthérienne (84,2 %), aucune (13,5 %, autres (2,3 %)
Langue officielle: finnois (92 %)
Droit de vote des femmes: 1906

D'entrée de jeu, il faut dire que le chef de l'État est élu au suffrage universel depuis 1994. En 2000, une réforme a toutefois réduit ses pouvoirs: la politique intérieure ne lui incombe plus. Chef des armées, il est aussi responsable de la sécurité et de la politique étrangère, en collaboration avec le gouvernement. Son rôle au sein de l'Union européenne est presque inexistant, mais devrait être revu d'ici le 1er juillet, moment où la Finlande prendra la présidence tournante de l'organisation.

L'arrivée de Tarja Halonen à la présidence finlandaise s'est inscrite en continuité avec le passé: les sociaux-démocrates occupent cette fonction depuis 1982. Ardente défenseuse des droits de la personne et des minorités, de la justice sociale, elle a cette fois-ci fait campagne autour de thèmes comme l'égalité des chances, le maintien des avantages sociaux et la sécurité de l'emploi, promettant de défendre l'État-providence

Elle entend faire jouer à la Finlande un rôle important au sein de l'Europe et à l'échelle mondiale. Elle s'est jusqu'à présent illustrée par une rupture avec le passé, cessant de mettre la Russie au coeur de la diplomatie finlandaise - la Finlande faisait jadis partie de l'empire russe. Elle a en outre promis de tout mettre en oeuvre pour que la Finlande réduise les divergences au sein de l'Europe des 25.

Fidèle à la neutralité politique adoptée par son pays à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, Tarja Halonen s'oppose à l'adhésion de la Finlande à l'OTAN et à un référendum avant 2012, mais se dit prête à en discuter. Perçue comme une pacifiste, elle fait d'une mondialisation plus juste un cheval de bataille. En 2005, le magazine Forbes l'a classée au 31e rang des femmes les plus puissantes du monde.

Les Finlandaises et le pouvoir

La Finlande est l'un des pays à l'avant-garde en matière de parité hommes/femmes en politique. C'est le premier pays européen à avoir accordé le droit de vote aux femmes, en 1906, et le droit d'être élues, l'année suivante. Chaque parti qui siège au Parlement obtient des fonds publics pour financer une association de femmes. Avec 37 % de députées, la Finlande se classe deuxième, derrière la Suède, pour la représentation des femmes en politique. Les femmes composent en outre près de la moitié des membres du cabinet actuel, occupant 8 ministères sur 18.

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