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La crise gazière est réglée

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Moscou et Kiev concluent un accord de cinq ans qui prévoit le maintien d'un tarif préférentiel pour l'Ukraine en échange de la livraison d'un gaz mélangé à un autre gaz moins cher, provenant d'Asie centrale.

La crise du gaz est terminée entre la Russie et l'Ukraine, après trois jours d'interruption d'approvisionnement de l'ancienne république soviétique par le géant russe Gazprom.

Les entreprises russe et ukrainienne (Naftogaz) sont parvenues à un accord de cinq ans qui permet à l'Ukraine d'absorber les augmentations de tarifs du gaz.

L'entente permet à Gazprom de vendre son gaz 265 $ pour 1000 mètres cubes à son entreprise de courtage RosUkrEnergo, qui le revendra à l'Ukraine pour la somme de 109 $ les 1000 mètres cubes en le mélangeant à du gaz provenant d'Asie centrale. Ce gaz du Turkménistan, du Kazakhstan et d'Ouzbékistan est vendu beaucoup moins cher.

L'entente comprend également une révision à la hausse du prix du transit du gaz russe via les gazoducs ukrainiens. Le prix du transit du gaz russe, fixé à 1,26 $ pour 1000 mètres cubes par 100 km, a été révisé à 1,84 $.

« L'économie ukrainienne est complètement prête pour les nouvelles conditions du marché », a déclaré le président ukrainien Victor Iouchtchenko.

Monopole russe

Malgré cette entente, l'Ukraine est toujours à la merci de la Russie pour son approvisionnement en gaz naturel.

« En 2006, RosOukrEnergo devient l'importateur exclusif de gaz pour l'Ukraine, a expliqué le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov. En 2006, elle recevra de Gazprom 17 milliards de mètres cubes de gaz au prix de 265 $, ainsi que 34 milliards de mètres cubes de gaz d'Asie centrale à des prix bien inférieurs. »

RosUkrEnergo, société fondée en 2004 par Gazprom et Naftogaz, est enregistrée en Suisse. Les actionnaires sont des filiales de Gazprom et de la banque autrichienne Raiffeisen.

La monopolisation des livraisons de gaz à l'Ukraine par une structure contrôlée par les Russes n'est pas sans inquiéter Kiev. Le premier ministre ukrainien, Iouri Ekhanourov, soutient que son pays n'a aucun contrôle sur RosUkrEnergo.

L'Europe touchée

De nombreux pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont enregistré lundi une baisse substantielle de leurs approvisionnements en gaz russe, après la décision de Gazprom de couper ses approvisionnements à l'Ukraine.

Pour Gazprom, cette baisse était la preuve que l'Ukraine avait décidé de détourner à son profit une partie du gaz qui transite par son territoire à destination de l'Europe occidentale. Selon le vice-président de Gazprom, Kiev aurait ainsi détourné pas moins de 100 millions de mètres cubes de gaz naturel, pour la seule journée de dimanche.

Les responsables politiques ukrainiens ont rejeté ces accusations, affirmant puiser dans leurs propres réserves.

Le noeud du problème

L'Ukraine bénéficiait jusqu'ici d'un tarif préférentiel pour l'achat de gaz russe, à l'instar des autres pays de l'ex-Union soviétique. Mais Moscou voulait quadrupler les prix en 2006 afin de les porter au niveau imposé à ses partenaires européens, soit de 58 $ à 268 $ par mètre cube.

Gazprom renégocie également une hausse de ses prix avec d'autres anciennes républiques soviétiques. Mais c'est à Kiev que Moscou propose l'augmentation la plus forte.

Jusqu'à maintenant, Kiev recevait « gratuitement » près de 25 milliards de mètres cubes de gaz russe par an en échange du transit de cet hydrocarbure par son territoire vers l'Europe.

Le gaz, nouvelle arme russe

Les autorités ukrainiennes voient dans cette affaire une manière pour Moscou de punir Kiev de lui avoir tourné le dos. Le gouvernement ukrainien est pro-occidental depuis l'accession de Iouchtchenko au pouvoir, dans la foulée de la Révolution orange.

Ces derniers mois, Gazprom a accentué l'offensive contre les ex-républiques soviétiques qui affichent leur indépendance ou leur préférence pour l'Occident.

Le groupe est devenu l'arme de poing de la politique étrangère du Kremlin depuis qu'Alexeï Miller, un fidèle de Vladimir Poutine, en a pris la direction en 2001.

Numéro un mondial du gaz, Gazprom assure le quart des importations gazières de l'Europe et représente à lui seul 7 % du PIB russe.

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