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Gazprom rouvre les vannes

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2006 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le géant gazier russe décide de réapprovisionner ses clients européens, mais accuse l'Ukraine de puiser illégalement à même l'oléoduc qui transite sur son territoire.

Le géant gazier russe Gazprom a décidé de réapprovisionner ses clients européens après avoir réduit ses livraisons, dimanche, dans le cadre du conflit qui l'oppose à l'Ukraine.

De nombreux pays européens, dont la France et l'Allemagne, ont enregistré lundi une baisse substantielle de leurs approvisionnements en gaz russe, après la décision de Gazprom de couper ses approvisionnements à l'Ukraine.

Gazprom assure que la situation sera revenue à la normale mardi soir au plus tard.

La baisse enregistrée en Europe est la preuve, pour Gazprom, que l'Ukraine a décidé de détourner à son profit une partie du gaz à destination de l'Europe occidentale et qui transite par son territoire.

Selon le vice-président de Gazprom, Kiev aurait détourné pour la seule journée de dimanche pas moins de 100 millions de mètres cubes de gaz naturel.

Les responsables politiques ukrainiens ont rejeté les accusations russes, affirmant puiser dans leurs propres réserves. Elles préviennent cependant que si les températures descendent en dessous de zéro degré Celsius, Kiev allait effectivement puiser à même les oléoducs russes le gaz dont elle a besoin.

Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a demandé, dimanche, à son homologue russe, Vladimir Poutine, de reprendre les négociations en vue de résoudre le différend gazier qui oppose les deux pays.

Le président Iouchtchenko a assuré que son pays, qui bénéficiait jusqu'ici de prix avantageux, était prêt à payer le gaz au prix du marché, mais pas immédiatement. Il estime qu'un moratoire sur cette hausse tarifaire est nécessaire tant que durent les négociations à ce sujet.

Le premier ministre ukrainien Iouri Ekhanourov, qui accompagnait le président, a dit travailler avec des experts européens à déterminer le « prix du marché ». Il a lui aussi affirmé son intention de respecter ce prix. « Nous n'avons pas besoin d'aumône », a-t-il souligné.

Le noeud du problème

L'Ukraine bénéficiait jusqu'ici d'un tarif préférentiel pour l'achat de gaz russe, à l'instar des autres pays de l'ex-Union soviétique, mais Moscou veut quadrupler les prix en 2006 afin de les porter au niveau imposé à ses partenaires européens. Les prix passeraient ainsi de 58 $ à 268 $ par mètre cube.

Jusqu'à maintenant, Kiev recevait gratuitement près de 25 milliards de mètres cubes de gaz russe par an en échange du transit de cet hydrocarbure par son territoire vers l'Europe.

Gazprom renégocie également une hausse de ses prix avec d'autres anciennes républiques soviétiques. Mais c'est à Kiev que Moscou propose l'augmentation la plus forte.

Règlement de comptes?

« Cette coupure, nous la considérons comme une forme évidente de pression économique sur l'Ukraine », a déclaré le président Iouchtchenko, rejetant les accusations de Moscou selon lesquelles il utilise l'affaire du gaz à des fins électorales.

Les autorités ukrainiennes voient dans cette affaire une manière pour Moscou de punir Kiev de lui avoir tourné le dos. Le gouvernement ukrainien est pro-occidental depuis l'accession de Iouchtchenko au pouvoir, dans la foulée de la Révolution orange.

Ces derniers mois, Gazprom a accentué l'offensive contre les ex-républiques soviétiques qui affichent leur indépendance ou leur préférence pour l'Occident.

Le groupe est devenu l'arme de poing de la politique étrangère du Kremlin depuis qu'Alexeï Miller, un fidèle de Vladimir Poutine, en a pris la direction en 2001.

Numéro un mondial du gaz, Gazprom assure le quart des importations gazières de l'Europe et représente à lui seul 7 % du PIB russe.

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