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Alonso ou le souffle du changement

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Fernando Alonso a sans doute senti le vent tourner.

Il a compris que l'avenir ne passera pas par Renault. Il faut dire que l'avenir de l'équipe n'est pas assuré depuis le changement à la haute direction. Autant Louis Schweitzer (l'ancien patron) était pro F1, autant Carlos Ghosn est contre. Il ne le cache pas.

Il a été rapatrié chez Renault (de chez Nissan) pour assurer la rentabilité de l'entreprise. Il va présenter le 9 février son plan d'action sur trois ans.

Je ne serais pas étonné que Renault F1 ne fasse plus partie des plans au terme de ces trois ans. Pour lui, les investissements en F1 sont démesurés. Quand il était patron chez Nissan, il n'avait pas hésité à « nettoyer » l'entreprise. On l'appelait le « cost killer » (tueur de coûts). Il va faire la même chose chez Renault. Et l'équipe de F1 fera partie des actifs sacrifiés.

« Nous devons exploiter ce succès pour montrer à nos clients que le niveau d'excellence technique et de fiabilité que nous avons démontré en F1, correspond à celui de nos produits sur le marché », a dit M. Ghosn le 30 novembre.

Si Renault n'avait pas remporté le titre, il aurait eu une raison en or de fermer boutique. Maintenant que l'équipe a atteint son objectif, il veut voir quel sera l'effet sur la vente des voitures, c'est tout ce qui compte à ses yeux.

L'effet d'un titre de F1 (même double) est éphémère, car dès le début de la saison 2006 les cartes seront redistribuées. Un mauvais résultat de Renault ferait vite oublier les exploits de 2005.

Fernando Alonso a bien compris que la fin du programme F1 de Renault est inéluctable. Au mieux pourrait-on voir Renault redevenir motoriste et garder un pied en F1 de cette façon. Beaucoup moins cher et aussi intéressant pour l'image face à Mercedes, BMW, Toyota et Honda.

Attirer les commanditaires

Maintenant, pourquoi l'annoncer une année à l'avance? C'est une décision de McLaren, plus précisément de Ron Dennis. Ce n'est pas la première fois qu'il perturbe le paddock de la sorte. Il avait fait le même coup à Frank Williams quand il avait révélé le 17 novembre 2003 avoir engagé Juan Pablo Montoya pour 2005.

Cette fois, il a attendu que se concrétise l'entente avec Vodafone pour se lier à Alonso. Les caisses sont maintenant pleines, et la fourchette salariale est large, selon les sources: de 24 millions à 37 millions pour trois ans plus une saison en option (2010).

Ron Dennis coupe l'herbe sous le pied de Renault. Sachant Alonso en partance, l'écurie française ne pourra plus miser sur lui. McLaren peut dès maintenant tendre des perches à d'éventuels commanditaires qui voudraient s'associer au pilote espagnol.

Ron Dennis n'a jamais eu peur d'engager les meilleurs pilotes du moment (personne n'a oublié les empoignades entre Alain Prost et Ayrton Senna). De plus, il n'a jamais voulu leur imposer un ordre en piste.

On se disait que le duel entre Kimi Raikkonen et Juan Pablo Montoya en 2005 serait épique. Mais le manque de régularité du Colombien et le manque de fiabilité de la MP4/20 ont eu raison de cet espoir. Deuxième essai en 2006.

Si McLaren peut assurer la fiabilité de sa MP4/21 et offrir à ses pilotes une voiture performante l'année prochaine, ça ne m'étonnerait pas que Ron Dennis ait dans son équipe en 2007 deux champions du monde.

À très bientôt.

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