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Les baasistes embrassent la démocratie

Radio-Canada

Les liens se distendent entre les partisans du dictateur déchu Saddam Hussein et les activistes d'Al-Qaïda, alors que retentissent les appels aux urnes chez les sunnites en vue des législatives de jeudi.

Après s'être vivement opposés aux élections générales du 30 janvier dernier, les partisans de l'ex-dictateur Saddam Hussein changent leur fusil d'épaule en vue des législatives du jeudi 15 décembre.

Les fidèles de l'ancien régime baasiste appellent leurs coreligionnaires sunnites à voter en masse pour se garantir une représentation politique au gouvernement.

Dans les fiefs sunnites de Falloudja et Ramadi, où d'importants combats ont fait rage jusqu'à tout récemment entre rebelles et Américains, les graffitis appelant à la guerre sainte ont été remplacés par des affiches électorales.

À Falloudja, surnommée en Irak la « ville des mosquées », les dignitaires religieux sunnites ont fait savoir qu'il n'y aurait pas, comme en janvier, de boycottage des élections.

Ce changement de cap semble traduire une rupture entre partisans de l'ancien dictateur d'origine sunnite et les militants d'Al-Qaïda en Irak, alors que se multiplient les menaces bassistes contre toute interférence de la nébuleuse terroriste dans le déroulement du scrutin.

Un ancien officier baasiste de Falloujah s'est dit prêt à défendre les armes à la main les bureaux de vote alors qu'à Ramadi les rebelles sont de plus en plus nombreux à dénoncer le réseau Al-Qaïda dont les attentats maintiennent, selon eux, les régions sunnites dans une instabilité permanente.

Pour Abou Abdoullah, un leader de l'insurrection baasiste, le chef d'Al-Qaïda en Irak, Abou Moussab al-Zarqaoui, fait le jeu de l'étranger par ses actions perturbatrices.

Ce développement devrait réjouir Washington, où l'on fait le pari que l'intégration des sunnites au jeu politique désamorcera l'insurrection.

Le président irakien Jalal Talabani a déclaré qu'un gouvernement de coalition sortirait de ce scrutin et que la participation des sunnites ôterait tout prétexte aux insurgés.

Le Parlement issu de ce scrutin nommera le premier gouvernement démocratiquement élu de l'Irak post-Saddam Hussein. Les frontières et les aéroports du pays seront fermés de mercredi à vendredi.