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Le Bloc fouille le passé des libéraux

Après avoir été critiqué pour avoir déterré des propos controversés du candidat libéral Marc Garneau sur l'éducation, le BQ récidive en diffusant un vieux discours de Jean Lapierre du temps où il était bloquiste.

Le Bloc québécois a continué, mercredi, à déterrer de vieilles déclarations pour tenter de prendre en défaut les candidats libéraux se présentant dans des circonscriptions où la lutte s'annonce serrée.

Dernier épisode en lice: la diffusion de propos souverainistes tenus par le candidat libéral dans Outremont, Jean Lapierre, en 1992, deux ans après avoir fondé le Bloc québécois aux côtés de Lucien Bouchard.

La formation souverainiste a mis en ligne sur son site Internet trois extraits montrant le passé souverainiste de M. Lapierre.

« Si, aujourd'hui, le mouvement souverainiste prend de l'ampleur, si plus de gens adhèrent à cette politique, c'est parce qu'il y en a qui, beau temps mauvais temps, bon sondage mauvais sondage, n'ont pas laissé s'ébranler leurs convictions par la mode du jour », disait alors celui qui est devenu le lieutenant politique du chef libéral Paul Martin au Québec.

Jean Lapierre parlait ensuite de la stratégie des libéraux. « Et je vous dis que ça va y aller à grands coups. Et la seule chose qui va résister à ça, c'est une volonté de fer. Parce que, comme je vous dis, il n'y aura pas de limite de l'autre côté. Ça va être la campagne du désespoir », ajoutait à l'époque l'actuel ministre libéral sortant, dans un des extraits rendus disponibles par le Bloc.

La porte-parole de Jean Lapierre, Irène Marcheterre, n'a pas accordé d'importance à cette offensive du Bloc, expliquant que ces propos étaient déjà de notoriété publique.

« Je trouve que M. Lapierre est beaucoup plus convaincant pour parler de la réussite du Canada qu'il l'était à l'époque pour parler de la souveraineté! » a commenté Mme Marcheterre, dans une entrevue avec la Presse canadienne.

Assaut contre Marc Garneau

Mardi, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est remonté encore plus loin dans le passé, pour prendre en défaut le candidat libéral dans Vaudreuil-Soulanges, l'ancien astronaute Marc Garneau.

Dans un discours à Sherbrooke, M. Duceppe a ressorti des extraits d'un discours de 1986 de M. Garneau aux États généraux sur la qualité de l'éducation au Québec.

Marc Garneau s'interrogeait alors sur les sommes investies par l'État dans l'aide aux élèves en difficulté d'apprentissage, qu'il appelait des « groupes minoritaires », en plus de valoriser les études en sciences et techniques.

« Ils y gagnent peut-être à court terme, mais nous nous dirigeons vers une faillite à long terme. Ces gains sont illusoires, parce que nous ne faisons ainsi que détourner des ressources des secteurs qui créeront la richesse nécessaire pour en assurer le financement futur », disait l'un des extraits lus par Gilles Duceppe.

Gilles Duceppe a pris soin de préciser qu'il ne souscrivait pas à cette vision des investissements en éducation.

Paul Martin défend son candidat vedette

Mercredi, à Montréal, le chef libéral Paul Martin s'est porté à la défense de son candidat vedette.

M. Martin a invité le chef du Bloc à « arrêter d'essayer de salir les gens [...] et de déformer les paroles des personnes qui se présentent en politique ». Le chef libéral a ajouté que Marc Garneau était un grand Canadien qui est entré en politique pour aider les autres, y compris les plus démunis et les handicapés, comme dans toute sa carrière passée d'ailleurs.

Marc Garneau a lui-même publié mercredi un communiqué dans lequel il dénonce ce qu'il appelle la « campagne de discrédit » du Bloc à son égard.

L'ancien astronaute reproche à Gilles Duceppe de n'avoir cité que des extraits isolés de son discours prononcé il y a 20 ans, et interprétés par d'autres.

Rappelant les faits, il affirme dans son communiqué avoir dit en 1986 que la priorité absolue devait aller aux étudiants et non aux équipements, et que les gouvernements devaient diriger les étudiants vers des domaines d'études où des emplois existaient.

Selon M. Garneau, il louait aussi dans son texte les investissements consacrés aux étudiants en difficulté, tout en estimant que la formation en science et technologie devait bénéficier d'un soutien accru.

Duceppe persiste et signe

En campagne dans la circonscription de Brome-Missisquoi, en Estrie, Gilles Duceppe s'est défendu de mener une campagne de salissage contre le candidat vedette des libéraux.

« Nous ne faisons que placer quelqu'un devant un miroir de ce qu'il a dit », a répliqué le chef bloquiste.

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