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La Ligue des droits et libertés se joint aux opposants

La Ligue s'insurge contre le fait qu'une entreprise privée tire profit de cette ressource, alors que des citoyens qui vivent juste au-dessus de l'esker peinent à obtenir une eau potable.

La Ligue des droits et libertés du Québec joint sa voix au concert d'opposants à l'exploitation commerciale de l'eau tirée de l'esker de Saint-Mathieu, près d'Amos.

L'organisme s'explique mal qu'une entreprise privée puisse tirer profit de cette ressource exceptionnelle, alors que les citoyens qui vivent juste au-dessus de l'esker peinent à obtenir une eau potable.

La Ligue presse Québec de mettre en place une politique du droit à l'eau potable, qui garantirait un accès à la ressource pour tous.

Surexploitation appréhendée

L'organisme soutient que l'exploitation commerciale de l'eau de cet esker par la compagnie Eaux vives Bottling Water ouvre la porte à une surexploitation de la ressource hydrique.

À l'heure actuelle, l'usine de Saint-Mathieu-d'Harricana pompe 10 % du volume d'eau que fournit l'esker local à des fins commerciales.

Pour le chargé du dossier de l'eau à la Ligue, Éric Lachance, c'est déjà trop, étant donné que certains résidents n'ont même pas accès à une eau de qualité: « L'exploitation commerciale pour l'exportation de l'eau des eskers, ça vient ouvrir une porte qui est dangereuse, parce qu'on vient de donner une notion de bien privé à l'eau. Ça ouvre un paquet de questions éthiques, parce qu'on vient priver un peuple de ses propres moyens de subsistance », dit-il.

Éric Lachance craint une mainmise des entreprises sur la ressource hydrique souterraine, qui n'est toujours pas considérée, selon la loi, comme un bien commun: « Si une entreprise privée devient propriétaire majoritaire de terrains en Abitibi par exemple, permettant l'exploitation des eaux souterraines, la région pourrait éventuellement perdre le contrôle des eaux situées dans son sous-sol », déclare le porte-parole de la Ligue des droits et libertés du Québec.

La Ligue appelle la population régionale à la vigilance et à garder l'oeil ouvert, afin que la ressource hydrique serve les intérêts des habitants du territoire.