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Affaire Plame: Dick Cheney sur la sellette

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le nom du vice-président des États-Unis apparaît comme source possible dans la fuite de l'identité d'une agente de la CIA, selon un article du New York Times.

Après Karl Rove et Lewis Libby, le nom du vice-président des États-Unis, Dick Cheney, a rebondi dans l'affaire Valerie Plame.

Selon le New York Times, M. Libby, directeur du cabinet de M. Cheney, aurait tenu l'identité de l'agente de la CIA directement du vice-président.

Le quotidien se base sur des notes de M. Libby, transmises par des avocats. Selon ces documents, M. Cheney a mentionné le nom de l'agente Plame, le 12 juin 2003, soit un mois avant la révélation de son identité par un éditorialiste.

Cette nouvelle contredit le témoignage de M. Libby, qui a toujours affirmé avoir appris l'identité de l'agente par des journalistes. M. Cheney lui-même avait assuré, lors d'un entretien télévisé en septembre 2003, qu'il ne connaissait pas le mari de l'agente, le diplomate Joseph Wilson.

Toutefois, le New York Times convient que rien ne prouve que MM. Cheney et Libby connaissaient le statut d'agente secrète de Mme Plame, femme d'un ancien ambassadeur qui a mis en cause les justifications de la guerre en Irak.

L'article est publié à quelques jours du dévoilement du rapport du procureur indépendant Patrick Fitzgerald sur l'affaire. Le document doit être déposé d'ici vendredi. Il doit déterminer si le personnel de la Maison-Blanche a commis un crime en révélant à la presse l'identité de Valerie Plame.

Rappel des faits

En 2003, avant l'invasion de l'Irak par les forces américaines, la Maison-Blanche a chargé le diplomate Joseph Wilson d'enquêter sur des informations faisant état des tentatives de Saddam Hussein de se procurer de l'uranium enrichi au Niger.

Après une mission dans ce pays, M. Wilson est parvenu à la conclusion que ces accusations n'étaient pas fondées. Toutefois, le président Bush a néanmoins utilisé ces informations dans un discours pour justifier en partie l'intervention militaire à venir contre l'Irak.

En juillet 2003, M. Wilson a donc transmis à la presse les résultats de sa mission pour contredire les affirmations du président.

Huit jours plus tard, le chroniqueur conservateur Robert Novak, proche des républicains, rapportait que la femme de M. Wilson, Valerie Plame, était une agente secrète de la CIA spécialisée dans les armes de destruction massive.

Ensuite, le magazine Time et le New York Times ont entrepris d'enquêter sur l'origine de cette fuite, crime passible d'une peine de 10 ans de prison. Ils ont avancé que la Maison-Blanche avait orchestré la fuite en guise de vengeance contre M. Wilson.

Au cours de l'été, les journalistes Judith Miller, du New York Times, et Matthew Cooper, du Time, ont été sommés de dévoiler leurs sources. La première a refusé, tandis que la direction du Time a décidé d'obtempérer, contre l'avis de M. Cooper. Celui-ci a révélé que Karl Rove, principal conseiller politique du président, était sa source.

Emprisonnée pendant 85 jours, Mme Miller a finalement obtenu le consentement de sa source pour révéler son identité. Il s'agissait de Lewis Libby.

Washington sur le qui-vive

L'affaire Plame embarrasse l'administration Bush depuis l'été dernier. Conjuguée aux ratés dans la gestion de l'ouragan Katrina et à l'enlisement des troupes américaines en Irak, elle a contribué à une chute vertigineuse de la popularité du président Bush dans les sondages.

Au cours de l'été, le président Bush a promis que quiconque ayant « commis un crime, ne travaillera plus dans [son] administration ».

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