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La «lucidité» ne fait pas l'unanimité

Radio-Canada

Pauline Marois et Bernard Landry accueillent avec prudence le manifeste d'une douzaine de personnalités dévoilé mercredi. Les syndicats et les milieux étudiants réagissent froidement.

Au lendemain de la publication par une douzaine de personnalités d'un manifeste appelant les Québécois à changer de modèle de société, les réactions sont partagées.

La candidate à la direction du Parti québécois, Pauline Marois, a sévèrement critiqué le document.

Elle s'oppose notamment à la hausse des frais de scolarité dans les universités, estimant que cela nuirait ainsi à la démocratisation de l'enseignement.

Mme Marois croit que la souveraineté est une des voies de solution pour régler les problèmes qui se posent au Québec.

Elle a tout de même rendu hommage à l'un des signataires du manifeste, Joseph Facal, un « homme de réflexion et de profondeur ». Il faut dire que l'ancien ministre est l'un des principaux assistants de Mme Marois dans le cadre de sa campagne.

Landry salue une « contribution au débat »

Bernard Landry a accueilli favorablement le manifeste, bien qu'il n'approuve pas l'ensemble de ses prémisses. L'ex-premier ministre, qui se définit encore comme un social-démocrate, estime que certaines des idées du texte sont plus à droite que les siennes.

Toutefois, il note un certain équilibre et applaudit cette contribution au débat. Il s'est aussi moqué de l'enthousiasme de son successeur, le premier ministre Jean Charest, selon lequel le manifeste est une gifle au PQ.

M. Charest estime que le document prône exactement les mêmes choses que son gouvernement. M. Landry se demande alors pourquoi le premier ministre ne les a toujours pas appliquées après deux années de pouvoir.

De son côté, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, a lui aussi applaudi l'initiative, se disant même prêt à accueillir les signataires du manifeste dans son parti en vue des prochaines élections.

Étudiants et syndicats restent froids

En entrevue à RDI, le président de la FTQ, Henri Massé a dit ne pas aimer ce qu'il lit entre les lignes du manifeste. Pour lui, on interpelle les citoyens, les milieux de gauche, mais on ne fait aucune allusion au milieu d'affaires et de la finance. « Je veux bien qu'on se responsabilise, mais ça va être tout le monde » a-t-il conclu.

La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, reconnaît la nécessité d'agir face à de nouvelles réalités comme le vieillissement de la population et la mondialisation, mais elle s'oppose elle aussi aux conclusions du manifeste.

Elle rejette le scénario catastrophe dépeint dans le document et dénonce la pauvreté des solutions proposées par ses auteurs pour remédier à la situation, soit des augmentations de taxes tous azimuts.

Même son de cloche dans le milieu étudiant, où le président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, François Vincent, note certains constats justes, mais des solutions qui constitueraient une régression pour l'éducation au Québec.

Ce n'est pas en augmentant les frais de scolarité, plaide-t-il, qu'on rendra les études supérieures plus accessibles aux jeunes Québécois.

Dans ce manifeste intitulé Pour un Québec lucide, les signataires, dont l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, proposent une série de virages importants, notamment pour faire face aux problèmes démographiques du Québec, à l'impact de la mondialisation et au financement des services publics.

Ils prônent des idées comme le dégel des frais de scolarité pour financer adéquatement l'éducation, la hausse des tarifs d'électricité pour rembourser la dette du Québec, la participation accrue du secteur privé et l'incitation à maîtriser plusieurs langues pour les Québécois.

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