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Grippe aviaire: sommes-nous prêts?

Radio-Canada

Une équipe de Radio-Canada a eu accès à une partie des antiviraux stockés dans un lieu très secret. Le plan canadien de lutte contre la pandémie serait un modèle dans le monde.

Avec la menace de la grippe aviaire, la question n'est pas de savoir s'il y aura une épidémie mondiale, mais plutôt quand elle se produira. Une équipe de Radio-Canada a pu voir les antiviraux stockés dans une ville de l'Ontario, dans un lieu très secret.

Ces images exclusives sont les seules preuves concrètes du stockage de doses du Tamiflu, l'un des seuls médicaments antiviraux qui seraient efficaces contre la grippe aviaire. L'Agence de santé publique du Canada (ASPC) en a acheté et distribué 32 millions de doses dans toutes les provinces.

« Le Tamiflu est relativement efficace, bien qu'on ait rencontré des cas de résistance », explique Howard Njoo, du Réseau mondial d'information en santé publique. En effet, au Vietnam, une patiente contaminée par le virus de la grippe aviaire a développé une résistance au médicament.

Le Tamiflu servirait d'abord à soulager les symptômes des malades les plus atteints. Ensuite, il servirait à protéger les soignants les plus exposés à la grippe.

Comme il faut 10 doses pour soigner un seul patient et 50 doses pour protéger un seul travailleur de la santé, il est évident qu'il n'y en aura pas pour tout le monde, d'où le secret et la protection des stocks.

Certaines provinces, dont le Québec, ont aussi acheté des doses supplémentaires d'antiviraux. « Nous avons actuellement 9,8 millions doses en stock au Québec, et nous atteindrons sous peu 11 millions de doses », précise le Dr Horacio Aruda, directeur de la Protection de la santé publique du Québec.

La firme suisse Roche, qui produit le Tamiflu, a enregistré une hausse de la demande de 263 % pour les neuf premiers mois de l'année, pour des ventes de 780 millions de dollars.

Un plan canadien, un modèle pour le monde

C'est que la grippe aviaire est à une mutation près de la pandémie, selon le Dr Jean-Pierre Vaillancourt, professeur de médecine vétérinaire. Cette mutation permettrait au virus de se transmettre d'humain à humain.

Le Dr Aruda abonde dans le même sens. « [La pandémie] sera-t-elle dans 6 mois, dans 3 ans, dans 5 ans? Je crois que personne ne peut le prédire », affirme-t-il. Des experts avancent même que la pandémie pourrait faire des ravages semblables à ceux de la grippe espagnole de 1918, qui a tué plus de 20 millions de personnes.

À l'ASPC, les experts surveillent de près l'évolution mondiale de la grippe aviaire. Ils ont préparé un centre de crise et de communication à la fine pointe de la technologie. De plus, le plan canadien de lutte contre la pandémie est prêt depuis 1988. Il passe pour un des modèles du genre dans le monde.

Les provinces doivent aussi avoir leurs plans, puisqu'une pandémie tombe dans leur champ de compétence. À Québec, on planche encore sur ce plan, promis pour décembre 2005.

Selon Patrice Guyard, coordonnateur en sécurité civile au ministère de la Santé du Québec, le plan est en train d'être rédigé. Suivront par la suite les plans régionaux et locaux, en fonction de leurs responsabilités.

Des centres de quarantaine sont déjà prévus ou le seront prochainement pour réduire les risques de propagation du virus. Les directeurs de la santé publique de chaque région auront aussi le pouvoir d'ordonner la fermeture d'écoles s'ils le jugent nécessaire.

Vacciner toute la population

Pour stopper une pandémie, la seule arme réellement efficace, c'est un vaccin. Dans ses usines de Montréal et de Québec, la société ID Biomedical produira autant de doses que nécessaire pour vacciner toute la population canadienne.

« S'il y a une pandémie, on pense qu'entre trois à six mois, on peut couvrir les besoins de la population canadienne », estime Staph Bakali, chef de l'exploitation chez ID Biomedical.

Durant ces trois à six mois, les mesures de précaution n'empêcheront pas un virus très dangereux de faire des milliers de victimes. De fait, les plans les plus raffinés prévoient surtout des mesures d'atténuation de la crise.

En outre, les gouvernements devront dégager des sommes très importantes pour les mettre en oeuvre.

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