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Le prix de l'essence au coeur des débats

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À l'occasion de la rentrée parlementaire à Ottawa, la flambée des prix de l'essence retient l'attention des partis d'opposition et du gouvernement Martin, qui n'annonce cependant aucune mesure concrète pour aider les moins nantis.

Le gouvernement fédéral ne semble pas avoir l'intention d'alléger le fardeau des contribuables les moins nantis pour faire face à la flambée des prix de l'essence. C'est du moins ce qu'a laissé entendre le ministre des Transports, Jean Lapierre, à l'occasion de la rentrée parlementaire à Ottawa.

« C'est très difficile [d'aider des secteurs de l'économie en particulier] », a expliqué M. Lapierre à sa sortie de la Chambre des communes, citant les exemples particuliers des camionneurs et des travailleurs autonomes. Le ministre Lapierre a estimé que le gouvernement fédéral devrait plutôt se baser sur les revenus des individus. « Moins tu as de revenus, plus tu en souffres », a-t-il dit.

Talonné par les partis d'opposition aux Communes, le premier ministre Paul Martin a de son côté réitéré l'intention de son gouvernement d'aider les moins nantis. Cependant, il n'a pas offert beaucoup de détails sur la façon dont il entendait procéder.

« L'année dernière, lorsque la même situation s'est présentée, le ministre des Finances a mis l'argent que le gouvernement recevait, par exemple l'excès de la TPS, dans un fonds destiné pour l'équipement médical, a déclaré M. Martin. Nous examinons exactement le même genre d'option. »

Mécanisme de surveillance des prix de l'essence

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a réclamé un débat d'urgence aux Communes sur cette question. Il espère forcer le gouvernement à prendre des mesures fiscales pour atténuer l'impact de la flambée des prix de l'essence sur les moins nantis.

Le Bloc réclame aussi la création d'un Office de surveillance des pétrolières et des amendements à la Loi sur la concurrence pour mieux encadrer l'industrie pétrolière. Le ministre de l'Industrie, David Emerson, s'est montré ouvert à la possibilité de mettre sur pied, d'ici quelques mois, un mécanisme de surveillance des prix de l'essence et du mazout.

M. Duceppe a cependant réagi avec prudence à cette annonce. « On a une proposition concrète qui est l'Office de surveillance des pétrolières. Même les pétrolières sont en accord avec ça [...] On verra si les libéraux sont sérieux », a-t-il déclaré.

De leur côté, les conservateurs réclament une baisse des taxes sur l'essence. « Les Canadiens ont été témoins de 100 jours d'inaction de la part de ce gouvernement, a lancé le chef Stephen Harper. Au lieu de continuer à engranger des revenus records grâce à des prix records du pétrole, est-ce que le gouvernement abaissera les taxes sur l'essence? »

Les libéraux ont aussitôt répondu par la négative, rappelant qu'une partie des taxes fédérales sur l'essence est désormais redistribuée aux municipalités pour financer des projets d'infrastructure et de transports en commun.

Pas d'élections cet automne

Par ailleurs, Michel Gauthier, le leader du Bloc québécois en Chambre, a déclaré au Réseau de l'information, lundi matin, que la priorité de son parti n'était pas de défaire le gouvernement ni de déclencher des élections cet automne. « Si le gouvernement fait ce qu'il a à faire, dit-il, il n'y aura pas de problème. »

Le premier ministre Paul Martin affirme qu'il ne déclenchera pas d'élections avant le dépôt du rapport final de la Commission Gomery, en février. Mais la survie de son gouvernement dépend toujours d'alliances ponctuelles avec le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Or, les néo-démocrates pourraient bien faire faux bond à leur allié du printemps dernier, surtout si les libéraux décident de réintroduire aux Communes un projet de loi sur la question des baisses d'impôt aux entreprises. Le ministre des Finances Ralph Goodale a déjà évalué à 13 milliards de dollars les économies qui seraient consenties aux entreprises dans sa réforme de la fiscalité des sociétés.

Mais face à la perspective d'une défaite en Chambre, le gouvernement libéral minoritaire aurait décidé de reporter cette question après les prochaines élections, selon le quotidien Globe & Mail de lundi.

Le dépôt du premier rapport sur le scandale des commandites, attendu le 1er novembre, pourrait tout aussi bien servir d'étincelle à l'opposition bloquiste et conservatrice pour forcer des élections, à la condition que le NPD les suive.

Autres dossiers

D'autres dossiers litigieux, comme le déséquilibre fiscal et le bois d'oeuvre, devraient aussi prendre le devant de la scène aux Communes.

Le dévoilement par le ministre Goodale du montant des surplus budgétaires, dans les prochaines semaines, retiendra par ailleurs l'attention de l'opposition qui soupçonne les libéraux d'être déterminés à en faire usage à des fins électorales.

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