•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La sécurité comme défi olympique

Radio-Canada

9 septembre 2005 - Journaliste : Manon Gilbert

Les grandes manifestations sportives flirtent depuis des décennies avec le risque d'attentats. Frappés à deux reprises par des attaques, les Jeux olympiques vont désormais de pair avec les mesures de sécurité, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Le monde du sport a dû s'adapter aux nouvelles exigences mondiales en matière de sécurité. Partout aux États-Unis, la sécurité a été renforcée dans les stades et amphithéâtres, notamment lors des grandes manifestations sportives comme le Super Bowl.

Mais les effets se sont surtout fait sentir aux Jeux olympiques. Entre les Jeux de Sydney, en 2000, et d'Athènes, en 2004, les coûts pour la sécurité ont décuplé, passant de 212 millions de dollars canadiens à 1,8 milliard.

La sécurité a véritablement pris le dessus sur les installations et la promotion du tourisme. Les forces de l'OTAN patrouillent désormais le ciel...

Terrorisme et JO

Les Jeux olympiques ont déjà été la cible d'attaques terroristes. En 1972, à Munich, huit terroristes palestiniens, membres du groupe Septembre noir, ont pris des membres de l'équipe israélienne en otages. La prise d'otages s'est terminée dans un bain de sang, avec la mort des 11 Israéliens, de 5 terroristes et d'un policier allemand.

Conséquence : quatre ans plus tard, à Montréal, les organisateurs ont investi 100 millions pour éviter un autre bain de sang.

Les problèmes de sécurité ont refait surface en 1984. Au plus fort de la guerre froide, la Russie a boycotté les Jeux olympiques de Los Angeles parce que les États-Unis ne pouvaient garantir la sécurité des athlètes.

À Séoul, en 1988, la Corée du Sud a dressé une liste de possibles terroristes, en plus d'effectuer une enquête sur tous les participants des Jeux. Toutefois, comme la Corée du Sud souhaitait présenter une image d'harmonie, plusieurs tâches relatives à la sécurité ont été confiées à des bénévoles.

Une formule qu'a reprise Barcelone quatre ans plus tard. Les Jeux étant les premiers de l'après-guerre froide, la ville catalane tenait à ce qu'ils se déroulent en douceur, même si des menaces des séparatistes basques planaient.

De retour aux États-Unis, à Atlanta en 1996, les problèmes liés à la chaleur préoccupent davantage que les attaques terroristes. Mais six jours après le début des Jeux, le 27 juillet, l'impensable se produit : une bombe explose au Centennial Park, tuant une touriste américaine et blessant plus de 100 personnes.

Il s'agissait du premier acte terroriste depuis les Jeux de Munich. Le coupable, Eric Robert Rudolph, a été arrêté en 1997. Le 22 août dernier, il a reçu quatre condamnations à vie pour trois attentats, dont celui des Jeux d'Atlanta.

Le budget de la sécurité a augmenté de 84 millions pour les Jeux de Sydney, en 2000.

Les Jeux de la sécurité

Moins d'un an après Sydney, les attaques des tours du World Trade Center ont bouleversé l'esprit même des Jeux olympiques. Le grand rendez-vous était consacré à la jeunesse et à la paix; désormais, les policiers et les soldats côtoieront les athlètes.

En 2002, les Jeux olympiques d'hiver se déroulent en sol américain, à Salt Lake City. Détecteurs de métal, militaires et barbelés font désormais partie du paysage olympique.

Les organisateurs ont ajouté des millions de dollars pour assurer la sécurité des athlètes, entraîneurs, dirigeants et touristes de tous horizons. Une facture totale de 392 millions, tandis que le montant initialement prévu s'élevait à 100 millions.

En revanche, ni les athlètes ni les organisateurs ne se plaignent de ces désagréments et des longues files d'attente à l'aéroport et aux abords des sites. Au bout du compte, l'esprit olympique semble prévaloir.

Le budget de la sécurité à Salt Lake City reste relativement modeste, puisque les Jeux d'hiver comptent beaucoup moins de disciplines que ceux d'été, donc moins d'athlètes. En revanche, il s'agissait d'une bonne préparation pour le prochain rendez-vous olympique.

En 2004, Athènes enregistre une véritable explosion des coûts liés à la sécurité. Située sur le bord de la Méditerranée et à proximité des Balkans et du Moyen-Orient, la Grèce semble être un endroit stratégique où le terrorisme pourrait frapper.

Un expert canadien de la sécurité et du sport, Michael Atkinson, déclare même qu'en raison de sa vulnérabilité, la ville d'Athènes était probablement l'un des pires endroits dans le monde pour accueillir les Jeux olympiques.

Pour remédier aux problèmes, la Grèce a déployé 70 000 militaires et installé 1000 caméras pour surveiller la ville et ses installations. L'OTAN a assuré la surveillance aérienne, tandis que la marine américaine a patrouillé en Méditerranée.

Résultat : la Grèce a dépensé un montant historique en matière de sécurité, 1,8 milliard de dollars. En 1997, quand la Grèce avait posé sa candidature, elle avait estimé les coûts de sécurité à 145 millions...

Et les autres...

Évidemment, le record de dépenses en matière de sécurité risque de tomber au cours des prochaines années. Pékin n'a pas encore révélé son budget pour la sécurité, puisqu'elle attend toujours l'approbation du gouvernement chinois.

À Vancouver, le budget pour la sécurité prévu pour les Jeux d'hiver de 2010 est de 210 millions de dollars, mais plusieurs s'attendent déjà à ce que ce montant augmente.

Toutefois, la facture risque littéralement d'exploser à Londres pour les Jeux de 2012. Le 7 juillet dernier, à peine 24 heures après l'obtention des Jeux, des attentats frappaient trois stations de métro et un autobus, faisant 56 morts et 700 blessés.

La facture prévue de 438 millions pour assurer la sécurité des Jeux de 2012 semble bien utopique à côté des 1,8 milliard dépensés à Athènes.

Touchée pendant des décennies par les attentats de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), Londres a cependant une longueur d'avance en matière de sécurité. La capitale britannique compte notamment sur un réseau de 500 000 caméras de surveillance qui a grandement aidé les enquêteurs à décortiquer des attentats du 7 juillet.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.