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Le prix de l'essence redescend

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Après avoir frôlé 1,50 $ vendredi, le litre d'essence se vend samedi de 1,34 $ à 1,39 $ selon les régions.

Après avoir atteint un sommet de 1,47 $ vendredi, le prix de l'essence s'est replié samedi à sa valeur de mardi. Il se vend entre 1,34 $ et 1,39 $ selon les régions.

Entre mardi et vendredi, le prix de l'essence avait fait un bond de 30 ¢, que les analystes ont attribué à la hausse du prix du brut et à la fermeture des plateformes pétrolières du golfe du Mexique, à la suite de l'ouragan Katrina.

Vendredi, les États-Unis ont confirmé qu'ils puiseraient 900 000 barils de pétrole par jour dans leurs réserves stratégiques pour aider à surmonter la crise.

Cette annonce a apaisé les cours du pétrole. Après avoir clôturé en hausse de 53 ¢ à New York, jeudi, le prix du brut avait baissé de plus de 2 $US vers midi, vendredi.

Le fait que l'industrie ait maintenant une idée plus précise des dommages causés par Katrina réduit aussi l'incertitude.

Depuis août 2004, les cours ont bondi de plus de 70 %. Ils ont plus que doublé depuis août 2003, lorsqu'ils valaient environ 30 $US le baril.

Mardi, le prix du baril avait atteint le sommet historique de 70,85 $US.

Toutefois, ajustés à l'inflation, ils restent sous les niveaux d'après la révolution iranienne de 1979, qui correspondraient aujourd'hui à environ 80 $US.

Outre l'ouragan Katrina, les craintes sur l'approvisionnement à court terme, après une série de fermetures de raffineries américaines, et les tensions géopolitiques en Iran et dans l'ensemble du Proche-Orient ont fait augmenter les prix au cours des derniers mois.

Québec a le pouvoir d'agir, selon Quintal

Devant la flambée des prix, l'organisme L'Essence à juste prix exige des mesures de la part des gouvernements provincial et fédéral.

Selon le porte-parole de l'organisme, Frédéric Quintal, le gouvernement Charest a le pouvoir de contrôler les prix grâce à la loi provinciale sur les produits et les équipements pétroliers. En vertu de l'article 68, Québec peut déterminer par décret le prix maximum auquel peut être vendu ou distribué un produit pétrolier quand l'intérêt public l'exige.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a toutefois rejeté une intervention de son gouvernement, arguant que la hausse des prix est un phénomène mondial et que d'éventuelles mesures doivent nécessairement être prises au niveau international.

Le gouvernement du Québec a toutefois demandé à la Régie de l'énergie de publier tous les jours le prix minimum estimé de l'essence, plutôt que chaque semaine.

Un ralentissement de l'économie à prévoir

Par ailleurs, l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, Gilles Soucy, prédit que le Québec connaîtra un ralentissement économique d'ici quatre à cinq mois en raison de la flambée des prix du pétrole. Selon lui, il sera difficile pour le ministre des Finances, Michel Audet, d'équilibrer son budget.

Sans parler de récession, M. Soucy affirme que l'augmentation actuelle du prix du pétrole va ralentir à court terme l'économie américaine, entraînant des difficultés pour les exportateurs québécois, qui auront du mal à vendre leurs produits outre-frontière.

Selon l'économiste, cette situation aura des conséquences sur les coûts de production des entreprises, qui seront dans l'obligation de refiler la facture aux consommateurs.

M. Soucy affirme que ce ralentissement sera particulièrement difficile pour le gouvernement du Québec, qui aura à composer avec des rentrées fiscales moins importantes tandis que ses dépenses augmenteront.

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