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Le litre d'essence approche 1,50 $

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À la veille du long congé de la Fête du travail, les stations-service Petro-Canada affichent le prix record de 1,47 $ le litre, une augmentation qui devrait s'étendre aux autres détaillants du Québec.

Le prix de l'essence n'en finit plus de grimper au Québec. À Montréal, Québec et Trois-Rivières, les stations-service Petro-Canada affichent le prix record de 1,47 $ le litre, une augmentation qui devrait s'étendre aux autres détaillants de la province.

Avec une hausse de près de 30 ¢, le prix de l'essence a donc augmenté de plus de 35 % en trois jours. Mardi, le prix de l'essence avait atteint un sommet à 1,35 $, et s'était peu replié depuis.

Selon les analystes, la raison officielle de cette hausse soudaine demeure la hausse du prix du brut, alimentée par les dégâts causés par l'ouragan Katrina. La tempête a forcé l'interruption d'une bonne partie de la production pétrolière dans le golfe du Mexique.

Vendredi, les États-Unis ont confirmé qu'ils puiseraient 30 millions de barils de pétrole, soit 900 000 barils par jour, dans leurs réserves stratégiques pour aider à surmonter la crise survenue.

L'annonce a apaisé les cours du pétrole. Après avoir clôturé à 69,47 $US à New York, jeudi, en hausse de 53 ¢, le prix du brut était en baisse de plus de 2 $US vers midi.

Le fait que l'industrie ait maintenant une idée plus précise des dommages causés par Katrina réduit aussi l'incertitude. Mardi, le prix du baril avait atteint le sommet historique de 70,85 $US.

Depuis août 2004, les cours ont bondi de plus de 70 %. Ils ont plus que doublé depuis août 2003, lorsqu'ils valaient environ 30 $US le baril. Toutefois, ajustés à l'inflation, ils restent sous les niveaux d'après la révolution iranienne de 1979, qui correspondraient aujourd'hui à environ 80 $US.

Outre l'ouragan Katrina, les craintes sur l'approvisionnement à court terme, après une série de fermetures de raffineries américaines, et les tensions géopolitiques en Iran et dans l'ensemble du Proche-Orient ont fait augmenter les prix au cours des derniers mois.

Québec a le pouvoir d'agir, selon Quintal

Devant la flambée des prix, L'Essence à juste prix revient à la charge en exigeant des mesures de la part des gouvernements provincial et fédéral.

Selon le porte-parole de l'organisme, Frédéric Quintal, le gouvernement Charest a le pouvoir de contrôler les prix grâce à la loi provinciale sur les produits et les équipements pétroliers. En vertu de l'article 68, Québec peut déterminer par décret le prix maximum auquel peut être vendu ou distribué un produit pétrolier quand l'intérêt public l'exige.

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a toutefois rejeté une intervention de son gouvernement, arguant que la hausse des prix est un phénomène mondial et que d'éventuelles mesures doivent nécessairement être prises au niveau international.

Un ralentissement de l'économie à prévoir

Par ailleurs, l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, Gilles Soucy, prédit que le Québec connaîtra un ralentissement économique d'ici quatre à cinq mois en raison de la flambée des prix du pétrole. Selon lui, il sera difficile pour le ministre des Finances, Michel Audet, d'équilibrer son budget.

Sans parler de récession, M. Soucy affirme que l'augmentation actuelle du prix du pétrole va ralentir à court terme l'économie américaine, entraînant des difficultés pour les exportateurs québécois, qui auront du mal à vendre leurs produits outre-frontière.

Selon l'économiste, cette situation aura des conséquences sur les coûts de production des entreprises, qui seront dans l'obligation de refiler la facture aux consommateurs.

M. Soucy affirme que ce ralentissement sera particulièrement difficile pour le gouvernement du Québec, qui aura à composer avec des rentrées fiscales moins importantes tandis que ses dépenses augmenteront.

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