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L'Essence à juste prix revient à la charge

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant la flambée des prix, l'organisme maintient que Québec a le pouvoir de déterminer par décret le prix maximum auquel peut être vendue ou distribuée l'essence quand l'intérêt public l'exige.

L'essence se vend toujours autour de 1,35 $ le litre au Québec, jeudi. Devant la flambée des prix, L'Essence à juste prix revient à la charge en exigeant des mesures de la part des gouvernements provincial et fédéral.

Selon le porte-parole de l'organisme, Frédéric Quintal, le gouvernement Charest a le pouvoir de contrôler les prix grâce à la loi provinciale sur les produits et les équipements pétroliers. En vertu de l'article 68, Québec peut déterminer par décret le prix maximum auquel peut être vendu ou distribué un produit pétrolier quand l'intérêt public l'exige.

En 2003, Terre-Neuve a déjà imposé un prix plafond, mais les distributeurs de produits pétroliers ont menacé de ne plus livrer leurs produits si le gouvernement n'intervenait pas pour l'ajuster à la hausse. Selon Québec, une telle mesure serait donc inutile.

En outre, M. Quintal interpelle Ottawa pour qu'il joue un rôle actif entre producteurs et consommateurs. Il s'appuie ainsi sur une déclaration de l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau.

Interrogé à ce sujet, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a une nouvelle fois rejeté toute intervention de la part du gouvernement pour aider les consommateurs.

Pour M. Charest, la hausse du prix du carburant est un phénomène mondial et toute intervention visant à faire baisser les prix doit se faire au niveau international.

Il rappelle enfin que le gouvernement lui-même devra absorber une facture plus élevée en raison de la hausse du coût de l'énergie.

Un ralentissement de l'économie à prévoir

Par ailleurs, l'économiste en chef du Mouvement Desjardins, Gilles Soucy, prédit que le Québec connaîtra un ralentissement économique d'ici quatre à cinq mois en raison de la flambée des prix du pétrole. Selon lui, il sera difficile pour le ministre des Finances, Michel Audet, d'équilibrer son budget.

Sans parler de récession, M. Soucy affirme que l'augmentation actuelle du prix du pétrole va ralentir à court terme l'économie américaine, entraînant des difficultés pour les exportateurs québécois, qui auront du mal à vendre leurs produits outre-frontière.

Selon l'économiste, cette situation aura des conséquences sur les coûts de production des entreprises. Les sociétés seront dans l'obligation de refiler la facture aux consommateurs.

M. Soucy affirme que ce ralentissement sera particulièrement difficile pour le gouvernement du Québec, qui aura à composer avec des rentrées fiscales moins importantes tandis que ses dépenses augmenteront.

L'ouragan Katrina, seul responsable?

Avec une hausse de près de 20 ¢, le prix de l'essence a donc augmenté de plus de 25 % en deux jours. En Ontario, le prix du litre atteint 1,31 $ à Ottawa et 1,20 $ à Toronto. À Moncton, au Nouveau-Brunswick, il a grimpé à 1,19 $.

La raison officielle de cette hausse soudaine reste les dégâts causés par l'ouragan Katrina, avec l'interruption de la production pétrolière dans le golfe du Mexique.

Pourtant, les États-Unis ont annoncé le recours aux réserves stratégiques de pétrole du pays, ce qui a un peu apaisé les cours.

Le brut a quand même clôturé à 69,47 $US, jeudi à New York, en hausse de 53 cents. Mardi, le prix du baril avait atteint sommet historique de 70,85 $US.

Depuis août 2004, les cours ont bondi de plus de 70 %. Ils ont plus que doublé depuis août 2003, lorsqu'ils valaient environ 30 $US le baril. Toutefois, ajustés à l'inflation, ils restent sous les niveaux d'après la révolution iranienne de 1979, qui correspondraient aujourd'hui à environ 80 $US.

Outre l'ouragan Katrina, les craintes sur l'approvisionnement à court terme, après une série de fermetures de raffineries américaines, et les tensions géopolitiques en Iran et dans l'ensemble du Proche-Orient ont fait augmenter les prix au cours des dernières semaines.

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