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JO à Montréal: l'idée en séduit plusieurs

Radio-Canada

Devant le succès des championnats de la FINA, des citoyens et gens d'affaires seraient heureux de voir la métropole poser sa candidature pour les Jeux olympiques de 2016.

Emballés par le succès des championnats de la FINA, plusieurs Montréalais envisageraient avec joie une nouvelle aventure olympique, à condition qu'elle soit bien préparée et rentable, contrairement à l'expérience de 1976.

En entrevue à Radio-Canada lundi, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a précisé ne pas avoir mûri longuement l'idée, disant avoir évoqué cette possibilité de façon spontanée la veille, lors de son allocution de clôture des Championnats du monde de sports aquatiques.

M. Tremblay a alors indiqué qu'il allait réfléchir à la question et annoncer sa décision le moment venu. « Montréal n'attendra pas 30 ans pour renouer avec le monde », a-t-il déclaré.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain accueille le projet avec prudence, tout en affichant une ouverture. « Je ne crois pas qu'on peut se baser juste sur le succès des dernières semaines pour dire qu'il faut se lancer dans l'aventure olympique, a confié sa présidente, Isabelle Hudon, mais pourquoi ne pas évaluer l'idée de déposer ou non notre candidature? ».

La femme d'affaires souligne que de tels événements ont des retombées importantes pour les entreprises. Celles des compétitions de la FINA atteindraient entre 40 et 60 millions de dollars. « Mais ce que je trouve le plus rentable, c'est le rayonnement et le positionnement que Montréal a pris. Il y a eu des cotes d'écoute phénoménales », a-t-elle fait valoir.

C'est aussi l'avis de l'économiste principal de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, Pierre Emmanuel Paradis. Les gens d'affaires sont « prêts à prendre des risques calculés », a-t-il souligné. « L'appui de la population dépend de la qualité du projet. Si le projet est bien préparé et qu'il est rentable, pourquoi pas? »

Même s'ils savent qu'on leur présentera la facture en cas de dépassement des coûts, les contribuables semblent tout de même enthousiastes. « Il devrait y avoir plus d'activités de ce genre, pour rassembler les gens, a insisté Francis St-Arnaud, 26 ans, travailleur de la construction. « Ça serait bon pour l'économie à long terme. »

Le déficit d'environ 4 millions de dollars que prévoient les organisateurs des compétitions de la FINA ne fait peur à personne. « C'est toujours comme ça avec les jeux. Il y a toujours une dette à rembourser après. On vit avec », a déclaré Nicole Bigras, employée à la Bourse de Montréal. À son avis, Montréal ferait preuve de vision en posant sa candidature pour de nouveaux jeux.

Québec prudent, Bourque formellement opposé

De son côté, l'ancien maire de Montréal maintenant chef de l'opposition, Pierre Bourque, s'oppose catégoriquement à l'idée.

M. Bourque, qui a dirigé l'administration municipale pendant huit ans, croit que Montréal n'a tout simplement pas les moyens des ambitions du maire Gérald Tremblay.

Pour sa part, le gouvernement du Québec semble tiède à l'idée de se lancer dans l'organisation d'un événement d'une telle envergure. « Nous sommes évidemment très heureux du succès de la FINA, mais il ne faut pas oublier que les débuts de l'organisation ont été tumultueux », a rappelé le porte-parole du ministre de l'Éducation, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier.

Le gouvernement attendra donc les recommandations d'un comité spécial mis sur pied le printemps dernier avant de se prononcer. Aucune date n'a été fixée pour le dépôt du rapport, mais le ministère promet de le rendre public très rapidement.

De toute manière, le maire Gérald Tremblay a indiqué qu'aucune décision ne serait prise avant que le bilan des Championnats n'ait été complété.

Avant de poser sa candidature, la ville devrait cependant faire ses devoirs et s'assurer qu'elle ne paiera pas pendant des décennies. Quand le dernier versement aura été fait, en 2006, les Québécois auront payé près de 2 milliards de dollars pour des jeux tenus 30 ans plus tôt.

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