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Oléoduc entre Lévis et Montréal: des propriétaires inquiets

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un projet de loi privé adopté discrètement à l'Assemblée nationale, en juin, permet à Ultramar d'exproprier des terrains situés sur le tracé d'un nouvel oléoduc.

Des propriétaires de terrains agricoles de Victoriaville et Drummondville fulminent après avoir appris qu'ils pourraient être expropriés dans le cadre d'un projet d'oléoduc de la pétrolière Ultramar.

Afin d'assurer le transport de 100 000 barils de pétrole par jour entre Lévis et Montréal, Ultramar souhaite construire un oléoduc de 235 kilomètres dont le tracé sera situé entre les pylônes d'Hydro-Québec et l'autoroute 20.

L'oléoduc Saint-Laurent, qui serait enfoui à environ un mètre dans le sol, traverserait l'autoroute entre Victoriaville et Drummondville, pour ensuite continuer au nord, jusqu'à Montréal.

Le projet de loi privé 229, adopté discrètement à l'Assemblée nationale, le 17 juin dernier, donne le droit d'expropriation à Ultramar.

Ultramar aurait souhaité que l'oléoduc passe par le corridor des lignes d'Hydro-Québec ou entre les deux voies de l'autoroute 20, mais des impératifs de sécurité l'ont obligé à changer ses plans.

« Si jamais il y avait un problème qui survenait, il faudrait être capable d'intervenir facilement et d'avoir une voie libre et dégagée », explique le directeur des affaires publiques et gouvernementales d'Ultramar Limitée, Michel Martin.

Ultramar veut un droit de passage de 23 mètres pour construire son oléoduc. À défaut d'une entente avec les propriétaires concernés, la loi lui permettra les expropriations.

Michel Martin ajoute que les études d'impact sont en cours et que les conclusions seront soumises au gouvernement du Québec l'an prochain. Le projet sera également soumis à l'approbation de la Commission de protection du territoire agricole. Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement pourrait aussi se pencher sur le dossier.

L'opposition s'organise

Les producteurs agricoles et forestiers, qui craignent une dévaluation de leurs terres et s'inquiètent des effets d'une éventuelle fuite de pétrole, viennent de fonder une association pour défendre leurs intérêts.

Selon le président de cette association, Mario Chrétien, le fait de donner le droit d'expropriation à une entreprise privée crée un dangereux précédent.

« Plusieurs entreprises dans le futur pourront utiliser cet argument pour dire : " vous l'avez donné à eux, pourquoi pas à nous" », soutient-il.

Les propriétaires craignent également une contamination de la nappe phréatique en cas de bris ou de fuite.

Une première rencontre a eu lieu avec les producteurs du Centre-du-Québec, mais maintenant que le tracé est connu, l'association veut étendre son action.

Elle souhaite amener Ultramar à débattre publiquement des enjeux de ce dossier. M. Chrétien dit ne pas s'opposer au projet comme tel, mais voudrait qu'Ultramar choisisse un autre tracé.

À Saint-Valère, Jacques Godin, qui est propriétaire de deux bois et d'une érablière, invite lui aussi les propriétaires terriens à s'opposer au projet d'Ultramar. Dans une lettre publiée dans l'hebdomadaire La Terre de chez nous, il dénonce le fait qu'il devrait continuer à payer des taxes sur un terrain amputé d'une lisière de 23 mètres de largeur.

Avec ce projet, Ultramar veut éventuellement mettre un terme à la navette Lévis-Montréal effectuée par son Ultratrain. Depuis 1996, ce convoi qui circule sur la voie du Canadien National ne cesse de susciter la controverse. Six déraillements se sont succédé, ravivant l'inquiétude dans les municipalités traversées par le train-bloc.

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