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Quand les oiseaux polluent

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Une étude canadienne montre que les déjections d'oiseaux de mer, qui contiennent de fortes proportions de mercure et de DDT, constituent une source importante de pollution des écosystèmes nordiques.

Vierge, le Grand Nord canadien? Pas du tout, selon une étude canadienne. Des chercheurs de l'Université d'Ottawa affirment que les oiseaux de mer et leurs excréments, qui contiennent de fortes proportions de produits toxiques, constituent une source importante de pollution des lacs et étangs du Nord.

La revue Science publie cette semaine les travaux d'une équipe multidisciplinaire dirigée par Jules Blais, un chercheur en toxicologie environnementale.

Selon leurs résultats, le fulmar boréal, l'espèce sauvage la plus commune dans l'Arctique, transporte la plupart des contaminants d'origine humaine trouvés dans certains écosystèmes côtiers.

Ainsi, les concentrations de produits chimiques étaient jusqu'à 60 fois plus élevées dans les étendues d'eau de l'île Devon, dans le Nunavut, que dans d'autres secteurs de l'Arctique.

Des couches de sédiments d'une épaisseur de moins d'un centimètre ont été analysées l'été dernier à Cape Vera, 1800 kilomètres au nord d'Iqaluit, sur la Rive-Nord de l'île, où 20 000 fulmars boréaux font leur nid chaque année.

Ces échantillons ont montré que le guano des oiseaux (matière constituée par les amas de déjections d'oiseaux marins), qui contient du mercure, du DDT, des BPC et des pesticides, glisse des falaises de 250 mètres de haut pour se retrouver dans les eaux environnantes.

Les fulmars, qui ressemblent à des goélands et qui se nourrissent de zooplancton, de calmar et de poisson dans l'océan Atlantique, tirent de leur nourriture les produits chimiques qui se retrouvent ensuite dans des écosystèmes relativement peu touchés.

Un effet boomerang

Les fulmars provoquent un « effet boomerang », alors que des polluants industriels que l'on croyait perdus dans l'océan à des centaines de kilomètres de la terre se retrouvent sur le continent et menacent des espèces terrestres.

« Les oiseaux de mer, qui se nourrissent dans l'océan et rentrent ensuite dans les terres, reviennent non seulement avec de la nourriture pour leurs petits, mais également avec des contaminants. Ces derniers s'accumulent dans leur organisme et sont ensuite déchargés au sol », affirme Jules Blais.

Des risques pour la population nordique

Les chercheurs affirment que certains produits chimiques s'accumulent dans les réseaux alimentaires dont dépend l'alimentation traditionnelle des populations nordiques.

Ainsi, certaines collectivités nordiques du Canada comptent parmi les populations les plus exposées au mercure et au BCP sur le globe.

La recherche a été financée principalement par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, la Fondation EJLB, l'Étude du plateau continental polaire et le Programme de formation scientifique dans le Nord.

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