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Karla Homolka est libre

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ses avocats retournent en Cour pour contester les conditions de sa remise en liberté. Hier, dans une entrevue exclusive à Radio-Canada, Mme Homolka a exprimé des remords pour les gestes qu'elle a commis.

Karla Homolka a accordé une entrevue exclusive à Radio-Canada lundi, à peine deux heures après être sortie du pénitencier de Sainte-Anne-des-Plaines.

Son départ de prison s'est effectué dans la plus grande discrétion, au grand dam des médias qui faisaient le pied de grue devant les portes de l'établissement carcéral depuis quatre jours.

« Je ne veux pas être traquée. Je ne veux pas que le monde pense que je suis quelqu'un de dangereux qui va faire quelque chose à leurs enfants », a-t-elle dit pour expliquer sa décision d'accorder l'entrevue exclusive au Téléjournal/Le Point.

Karla Homolka, qui avait été condamnée pour son rôle dans le viol et le meurtre de deux adolescentes ontariennes, a fini de purger sa peine de 12 ans de prison.

Dans cette entrevue d'une durée d'environ 20 minutes, elle raconte comment elle doit gérer le poids des remords. « Souvent je pleure. Je n'arrive pas à me pardonner. Je pense à ce que j'ai fait, puis je pense que je ne mérite pas d'être heureuse à cause de ça », dit celle qui pense ne jamais pouvoir être libre.

« Je vais toujours être dans une prison intérieure à cause de ce que j'ai fait. J'aimerais aller en arrière et refaire les choses, mais je ne peux pas. »

Estime-t-elle avoir payé sa dette envers la société? « C'est une question difficile... Légalement, oui. Émotionnellement et socialement, non », répond Karla Homolka, qui était accompagnée de son avocate, Me Sylvie Bordelais.

La femme de 35 ans a préféré s'adresser au public en français plutôt qu'en anglais car elle compte s'établir au Québec, et estime avoir été injustement traitée par les médias au Canada anglais au moment de son procès. Elle a appris à parler français au cours de sa détention à la prison de Joliette.

Karla Leanne Teale, de son nouveau nom, a cependant refusé de répondre à certaines questions de la journaliste de Radio-Canada.

Joyce Napier a tenté de l'interroger sur sa relation en prison avec Jean-Paul Gerbet, un homme condamné pour le meurtre de sa petite amie. L'avocate de Karla Homolka a assuré sa cliente avait rompu toute communication avec le détenu il y a plus d'un mois.

Karla Homolka commence sa nouvelle vie avec l'appui de sa famille, notamment sa mère qui s'est déplacée à Montréal pour sa sortie de prison.

Radio-Canada n'a pas payé pour obtenir cette entrevue. Karla Homolka n'a pas sollicité d'argent non plus.

Conditions de libération contestées

Mardi, les avocats de Karla Homolka sont retournés devant la Cour pour contester les conditions de libération qui lui ont été imposées.

En vertu de l'article 810 du Code criminel, Karla Homolka doit notamment se rapporter régulièrement à la police et l'informer de tous ses voyages, ne pas se rendre dans sa ville natale de St. Catharines, en Ontario, et ne pas avoir de contacts avec d'autres détenus.

Contre-interrogatoire à la fin de juillet

Lundi après-midi, la Cour a rejeté la demande d'injonction de sauvegarde déposée plus tôt dans la journée par les avocats de Karla Homolka. Le juge Maurice Lagacé a statué que cette requête était de même nature que celle entendue la semaine dernière par le juge Paul-Marcel Bellavance.

Les avocats de Karla Homolka réclamaient en effet pour une deuxième fois que la cour interdise aux médias de révéler les détails de sa nouvelle vie. Celle-ci affirme être terrorisée à l'idée de réintégrer la société dans un contexte aussi tendu.

Mme Homolka sera contre-interrogée par les avocats des médias le 25 juillet, avant que la demande d'injonction ne soit entendue sur le fond, au début du mois de septembre.

Les dizaines de journalistes et de photographes qui l'attendaient aux portes de la prison de Sainte-Anne-des-Plaines depuis quatre jours jouissent donc pleinement du droit de couvrir et de diffuser l'événement sans contrainte.

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