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Le Zéro 3: une alternative aux gras trans

Radio-Canada

L'Académie culinaire de Montréal a développé un produit de remplacement aux gras trans, tandis que le gouvernement fédéral tente d'éliminer ces produits dangereux pour la santé cardiovasculaire humaine.

Les gras trans resteront sur les tablettes des supermarchés plus longtemps que prévu au Canada. Le gouvernement fédéral, qui voulait les interdire de tous les aliments à compter de novembre prochain, devra vraisemblablement accorder un délai à l'industrie alimentaire.

Les représentants de l'industrie agroalimentaire ont sollicité ce sursis, lundi à Ottawa. Ils soutiennent avoir besoin de temps pour développer des solutions de rechange.

Les gras trans sont des acides gras utilisés dans la fabrication de plusieurs aliments afin de prolonger leur durée de vie. Or, ces gras trans présentent de sérieux risques pour les artères et augmentent les risques de maladies cardiovasculaires.

Au Canada, un adulte consomme en moyenne 10 grammes de gras trans par jour tandis que les jeunes adultes de 15 à 25 ans en consomment 38 grammes. La consommation d'un seul gramme de gras trans par jour augmenterait de 20 % le risque de maladies cardiovasculaires.

Le gouvernement fédéral a mis sur pied un groupe d'étude en novembre dernier afin de trouver une alternative à ces produits dangereux.

Pendant ce temps, un groupe montréalais de l'Institut culinaire du Québec a découvert un produit qui présente les mêmes caractéristiques que les gras trans sans aucun de ses inconvénients.

Une découverte révolutionnaire

Le Zéro 3 est un mélange de trois ingrédients naturels: l'eau, l'huile végétale non hydrogénée ou d'olive, et une protéine. Cette formule pourrait remplacer les gras trans d'origines industrielles. « Le Zéro 3 est un bon gras. C'est un gras substitut qui permet de remplacer des gras saturés et les gras trans dans la transformation alimentaire », explique le chercheur de l'Académie culinaire de Montréal, François Martel.

« Avec notre procédé, il va falloir travailler avec des produits plus frais, prévient-il. Le Zéro 3 donne la même apparence aux aliments, le même goût, mais ne permet pas de les conserver aussi longtemps sur les tablettes ».

Malgré tout, le Zéro 3 n'est pas une solution miracle.

Il faudra tout de même se montrer raisonnable dans la consommation de certains produits. « Même sans gras trans, il ne faut pas oublier que ce sont des aliments qui contiennent beaucoup de gras au total, avertit la nutritionniste Nathalie Jobin. Il faut en consommer avec modération. »

Sur la voie de la commercialisation

À l'origine, M. Martel et son équipe travaillaient sur le remplacement du gras saturé dans la production de pâtés végétariens. « Partout dans l'industrie le gras saturé est omniprésent et éliminer ça, c'était pas évident, avance M. Martel. Alors, on a commencé par essayer d'éliminer le gras animal et ça nous a amenés sur une piste sur laquelle on a continué à travailler. »

Il aura fallu 10 ans et 800 000 $ pour que naisse le Zéro 3. M. Martel espère convaincre les 22 experts du groupe d'étude canadien des bienfaits de son produit afin d'attirer les investisseurs et de le commercialiser.

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