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Gaspésia: Landry contre-attaque

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2005 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, rejette les conclusions du juge Robert Lesage dans son rapport sur le fiasco de l'usine Papiers Gaspésia.

Le chef du Parti québécois, Bernard Landry, a rejeté en bloc les conclusions du rapport de la Commission d'enquête sur les dépassements de coûts du projet de modernisation de l'usine Papiers Gaspésia. « Je suis outré », a déclaré dimanche M. Landry au cours d'une conférence de presse.

Dans son rapport rendu public vendredi, le juge Robert Lesage a dénoncé les pressions politiques exercées par le Parti québécois afin de relancer l'usine de papier de Chandler. « Je suis surpris qu'il soit arrivé à de telles conclusions. On voit que, visiblement, c'est une commission bâclée répondant à une commande politique et des objectifs politiques », s'est indigné M. Landry.

L'ancien premier ministre péquiste a affirmé qu'il n'y avait eu aucun dépassement de coûts quand il était au pouvoir. Au contraire, il a estimé que le projet a sombré sous le règne du gouvernement libéral. « C'est Jean Charest qui était premier ministre du Québec quand le désastre est arrivé et il doit en répondre », a-t-il affirmé.

Ainsi, M. Landry a souligné que le premier dépassement de 55 millions de dollars du budget initial alloué au plan de relance (493 millions de dollars) a été constaté en octobre 2003. Il a ajouté que les dépassements totaux ont atteint 693 millions de dollars en janvier 2004.

Le chef de l'opposition a également nié avoir relancé le projet pour des raisons électoralistes, écorchant au passage le travail du juge Robert Lesage. « Il n'a pas eu la décence de me convoquer, et après cela, il me condamne. Pour un juge de la Cour supérieure à la retraite, c'est déjà une manoeuvre douteuse. »

M. Landry a assuré que, si c'était à refaire, il financerait le projet Gaspésia exactement de la même façon qu'à l'époque. Il a accusé le gouvernement Charest d'avoir abandonné la région, dont l'économie est en difficulté. Le chef péquiste doit se rendre en Gaspésie lundi pour rencontrer des travailleurs.

Les recommandations du juge Lesage

Dans son rapport, le juge Lesage blâme principalement l'ancien gouvernement péquiste pour la faillite du projet, l'accusant d'avoir péché par électoralisme et sous l'impulsion d'une idéologie interventionniste.

Il a recommandé au gouvernement de ne pas intervenir directement dans la gestion des projets qu'il finance, afin de séparer la gestion financière des choix politiques sur les investissements.

Robert Lesage a également suggéré la tenue d'un débat de société sur la gestion des fonds de travailleurs, comme le Fonds de solidarité de la FTQ. Le juge Lesage a toutefois précisé que l'État devait avoir son mot à dire sur la question.

De plus, le juge Lesage a proposé des changements aux lois régissant les relations du travail au Québec, notamment pour empêcher l'intimidation des salariés. Selon lui, le pluralisme syndical et la liberté syndicale permettront d'assainir les relations de travail.

Le juge Lesage a terminé son rapport en se demandant si le gouvernement du Québec n'aurait pas mieux fait d'investir 500 millions de dollars dans des infrastructures en Gaspésie.

Réagissant au rapport, le ministre Claude Béchard a prié Bernard Landry de s'excuser pour le fiasco de la Gaspésia. Selon le ministre libéral, le rapport a fait la preuve que le précédent gouvernement péquiste avait lancé le projet de façon précipitée, à l'aube d'un rendez-vous électoral.

M. Béchard a ajouté que l'échec de la relance de l'usine de Chandler était le reflet de l'interventionnisme aveugle et irresponsable de l'ancien gouvernement Landry.

Un projet qui a suscité beaucoup d'attentes

Le projet de modernisation de l'usine de Chandler a été lancé en décembre 2001 par le gouvernement péquiste dirigé à l'époque par Bernard Landry, avec l'appui de la Société générale de financement, du Fonds de solidarité de la FTQ et de l'entreprise Tembec.

Il a été abandonné 2 ans plus tard, parce que la facture avait gonflé de 265 millions de dollars.

La modernisation de la Gaspésia devait coûter 495 millions.

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